La mobilisation qui a eu lieu à l’appel de la Coalition NOG7 a représenté un succès immense, malgré la politique d’intimidation et de restriction des libertés menée par les autorités, la police et les médias. Le fil rouge de l’altermondialisme est-il enfin relié ?
Le parcours de la manifestation avait été négocié avec les autorités depuis le mois de novembre. Nous nous sommes heurté·es à une intransigeance de la part de la ministre de la Police, membre du Parti socialiste, et des autorités de la ville de Genève.
Le parcours demandé par notre coalition n’a pas été accepté. Ils ne voulaient pas que l’on s’approche des rues où siègent les multinationales et les boutiques de luxe. Le centre-ville avait l’air d’une ville barricadée, la majeure partie des vitrines et certaines fenêtres étaient protégées par des planches. Nous avons assisté à un matraquage politique et médiatique de la part des autorités et de la droite contre d’éventuelles violences.
Le nombre de participant·es à la manifestation a dépassé toutes les prévisions les plus optimistes de la Coalition NOG7. Nous tablions sur une fourchette de 10 000 personnes, nous étions environ 60 000 !
La grève féministe reste le mouvement social le plus puissant, le mieux ancré socialement et le plus capable de mobiliser. Son cortège était sans aucun doute le plus nombreux. Leurs revendications sont radicales et anticapitalistes.
La solidarité avec le peuple palestinien s’est manifestée par un important groupe. Les Kurdes, dans toute leur diversité, ont également joué un rôle très important dans la manifestation.
Le bloc « Le vivant se défend » a réuni l’ensemble des mouvements écologistes. On peut toutefois regretter la faible présence des syndicats suisses, ainsi que la présence limitée et plutôt symbolique des syndicats français.
Répression et matraquage
Quelques jours avant la grande manifestation, la ville de Genève était en état de siège : des milliers de policier·es et de militaires venu·es des autres régions de Suisse avaient été déployé·es dans la ville de Calvin, soutenu·es par la police française qui pouvait intervenir sur le canton. Selon les journaux, des personnes se sont fait contrôler jusqu’à cinq fois par jour, des fourgonnettes de policiers en grand nombre, des Suisses alémaniques qui ne parlaient pas le français.
Tout au long du parcours, des grilles étaient prévues dans des « points sensibles » que les manifestant·es devaient canaliser.
Une fois la manifestation terminée, dans le même parc où elle avait commencé, la police est intervenue brutalement et a encerclé une partie des manifestant·es. Plus de 300 personnes ont été nassées jusqu’à l’aube, puis une vingtaine d’entre elles ont été emmenées au poste de police, avant d’être relâchées.
La Coalition NOG7 genevoise et française a publié plusieurs communiqués saluant la réussite de l’immense manifestation, mais aussi les « graves dérives sécuritaires constatées dimanche. La coalition a condamné « les très nombreux tirs de gaz lacrymogène, notamment sur la partie du cortège réservée aux familles et aux enfants. De même, la coalition fustige le nassage scandaleux de 549 personnes mis en place durant près de 10 h ».
La joie d’avoir réussi !
Malgré la répression, nous sommes très satisfait·es de l’aspect massif, de la convivialité, de la diversité et de la radicalité de la manifestation. Cette sensation de victoire est un excellent tremplin pour les mobilisations et les défis qui nous attendent.
Le 23 juin 2026