Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Interview

N° 511-512 novembre-décembre 2005 *

POLOGNE

D’où vient la gauche ?. Interview de Boguslaw Zietek, président de la Confédération des syndicats libres « Sierpien 80 » et du Parti polonais du Travail

Cf. aussi : [Pologne]

Propos recueillis par Magdalena Ostrowska

Magdalena Ostrowska est journaliste, rédactrice de la revue Rewolucja (Révolution) et du quotidien Trybuna. Nous reproduisons cet interview du supplément Impuls du quotidien Trybuna du 1er décembre 2005.

Bien que « Sierpien 80 » (« Août 80 ») ne soit pas la plus grande centrale syndicale en Pologne, dès sa fondation il est devenu célèbre en tant qu’organisateur des grèves dures et des protestations ouvrières. Certains le qualifient parfois de syndicat extrémiste, cherchant la confrontation. D’où vient un tel radicalisme ?

Boguslaw Zietek : Ce n’est pas seulement le radicalisme, c’est aussi l’honnêteté et la conséquence. « Sierpien 80 » a été fondé par des gens qui avaient l’expérience des années 1980. Nous nous souvenons qu’en août 1980 sur le littoral baltique les ouvriers grévistes avaient accroché le slogan : « Socialisme oui, déviations non ! ». Nous n’avons pas remplacé ce slogan par celui de « Capitalisme oui, déviations non ! », comme l’a fait le syndicat « Solidarnosc » (« Solidarité »). Nous n’avons pas oublié pourquoi luttaient les ouvriers grévistes en 1980 et ceux qui ont adhéré au premier syndicat « Solidarnosc », qui comptait alors dix millions de membres. Notre attitude critique envers le nouveau « Solidarnosc » nous a conduit en son temps à participer à la fondation de « Solidarnosc 80 », qui organisait en 1992 les premières grèves sérieuses en Pologne. Ces grèves, coorganisées d’ailleurs avec l’OPZZ (1), s’en prenaient aux soit-disantes réformes du « premier plan Balcerowicz » (2). L’attitude adoptée ensuite par le dirigeant du syndicat, Marian Jurczyk (3), son soutien béat au gouvernement de Jan Olszewski (4) responsable, entre autres, de la mauvaise privatisation de la FSM (Fabrique des automobiles à petite cylindrée) et les compromis passés par « Solidarnosc 80 » avec les employeurs, ont conduit à la scission et à la naissance de « Sierpien 80 ». C’est Daniel Podrzycki (5) qui a été le fondateur et le président durant des années de « Sierpien 80 ». Après sa mort tragique au cours de la campagne présidentielle, le congrès du syndicat m’en a confié la direction. « Sierpien 80 » peut se prévaloir notamment d’avoir organisé la plus grande et la plus longue grève victorieuse dans le complexe sidérurgique Huta Katowice. C’est à partir de là que le syndicat a connu un développement dynamique. « Sierpien 80 » est actuellement la troisième centrale syndicale en Silésie, région où notre confédération a pris naissance. Notre succès récent est une lutte efficace en défense des charbonnages polonais et des retraites des mineurs.

Une telle orientation est-elle le fruit de vos expériences ?

Boguslaw Zietek : Dès le début notre but c’était une défense ferme, efficace et conséquente des intérêts des travailleurs. Nous ne voulions pas, comme certains syndicats, être assis à califourchon sur la barricade et passer des compromis avec les employeurs. Et nous avons réussi. Nous ne voulions pas être une « courroie de transmission » entre l’employeur et l’employé. Le rôle d’un syndicat, c’est de défendre les intérêts des travailleurs à fond et non de légitimer les réformes libérales. En tant que syndicalistes nous sommes « au service » de la représentation et de la défense des intérêts des travailleurs. C’est eux que nous devons servir, non ceux d’en face. Une telle attitude ne suscite pas la sympathie des employeurs, ni de ces syndicats qui, souvent au prix de l’abandon des intérêts des travailleurs, cherchent à tout prix un accord avec l’employeur. C’est de là que vient notre déception d’abord envers « Solidarnosc », ensuite envers « Solidarnosc 80 ».

Une telle attitude a dû ne pas être suffisante, si vous avez pris la décision de constituer votre propre parti politique?

Boguslaw Zietek : En tant que « Sierpien 80 » nous avons considéré que la réalisation des intérêts des travailleurs ne peut se fonder sur la seule lutte syndicale, mais que nous devions tendre la main vers un outil politique. L’expérience syndicale nous a convaincu que la lutte efficace ne se limite pas aux protestations contre les mauvaises décisions et contre la mauvaise loi. Pour représenter les travailleurs de manière efficace, les syndicalistes doivent avoir une influence sur la création de la loi, pour qu’elle soit en accord avec les intérêts du monde du travail. D’autres syndicalistes, bien qu’ils aient eu une telle possibilité, n’avaient pas voulu défendre les travailleurs au parlement. La Constitution ne prévoit pas la possibilité pour les syndicats de présenter leurs propres listes lors des élections du parlement. Alors au lieu de frapper à la porte d’autres partis, « Sierpien 80 » a créé sa propre représentation politique du monde du travail. Le capitalisme c’est l’exploitation, l’écrasement des droits des travailleurs, le chômage, la pauvreté et l’exclusion. Nos expériences syndicales nous autorisent à porter un tel jugement. L’attitude et les effets de l’activité de « Sierpien 80 » permettent donc de voir ce que sera le parti créé par nous.

Le Parti polonais du travail (PPP) va réclamer les droits des travailleurs et les intérêts du monde du travail. Nous avons entendu de telles affirmations à plusieurs reprises de la part de divers groupements, mais quand on en vient aux faits, cela disparaît parmi d’autres questions?

Boguslaw Zietek : Le PPP est créé par les représentants authentiques des travailleurs et non par des camouflés, qui n’ont que peu de commun avec ce groupe social et qui l’utilisent pour des jeux à court terme. Il n’y a pas parmi nous de bureaucrates corrompus et conjoncturels. C’est peut-être pour cela que nous sommes attaqués en tant que syndicat. Depuis des années nous avons affaire en Pologne avec une violation du Code du Travail et des lois qui concernent les travailleurs. L’exploitation, ce ne sont pas les seuls hypermarchés (6) ! Le non respect des droits syndicaux est général. Depuis des années nous observons la baisse du taux de syndicalisation, ce qui a diverses sources, mais le même effet : le manque de défenseurs efficaces des intérêts des travailleurs. Cela commence déjà à se retourner contre les employeurs qui appliquent le principe « diviser pour régner », achètent les syndicalistes et effrayent les travailleurs. Car une telle politique conduit à ce que les travailleurs désespérés commencent à se défendre et a prendre leurs revanche pour les préjudices subis au sens propre, par exemple en s’en prenant physiquement aux managers qui les oppriment au travail. C’est ce qui s’est récemment passé à Indesic à Lodz (7). On prive les travailleurs de leurs instruments de défense pacifique et civilisée, alors ils tendent la main pour d’autres, plus radicaux et plus désespérés, car ils sont le dos au mur. Il serait erroné de croire que les ouvriers vont indéfiniment se taire et subir toutes les vilenies, tous les vols, toutes les humiliations. La révolte est certaine.

Le PPP est issu de la lutte pour les intérêts des travailleurs, a une base sociale de classe et est fortement lié à elle par exemple au travers de « Sierpien 80 ». Est-ce que c’est cela qui a décidé de l’orientation à gauche de ce parti ?

Boguslaw Zietek : Toute activité syndicale est de gauche, car c’est la lutte pour les intérêts des travailleurs. C’est cela qui décide de l’attitude et du programme du PPP, qui a sa base sociale c’est-à-dire le monde du travail et qui en tient compte. Ne serait-ce que pour cela le PPP est indispensable, en tant que gauche qui ne mendie pas chez les libéraux, ne les soutient pas et ne cherche pas à les justifier. Une vraie gauche, qui ne calcule pas tel un banquier, mais qui lutte comme un ouvrier. Les ouvriers et les chômeurs n’étaient pas du tout représentés dans les arrangements parlementaires jusque-là, ou s’ils étaient représentés, ils l’étaient mal. Des syndicalistes sont entrés au parlement sur diverses listes, mais il apparaissait rapidement que les intérêts des travailleurs étaient soumis à ceux du parti. Beaucoup d’exemples en témoignent. En 1997 un groupe de syndicalistes est entré au parlement sur les listes de l’Action électorale « Solidarnosc » (8), qui a constitué un gouvernement de coalition avec l’Union de la liberté (9). Leur première activité a été de tourner le dos aux intérêts des travailleurs. C’est de la période 1997-2001 que datent les pires solutions du point de vue de la société, entre autres les quatre réformes du gouvernement de Jerzy Buzek (10) et la réforme des charbonnages, qui a provoqué un affaissement total de la Silésie et la liquidation de cent mille emplois dans cette seule branche. On ne peut pas oublier que c’est le gouvernement soutenu par « Solidarnosc » qui a privé 1,8 million de gens du droit à une retraite anticipée.

Lors de la législature suivante, lorsque la SLD est arrivé au pouvoir, nous avions eu une répétition. Les syndicalistes qui étaient sur ses listes et le gouvernement de Leszek Miller ont réalisé, entre autres, une libéralisation du Code du Travail allant très loin. Est-ce que le fort lien du PPP avec un syndicat protégera ce parti de l’aliénation envers les milieux qu’il doit représenter ?

Boguslaw Zietek : Ce lien constitue la garantie que le PPP ne va pas s’aliéner. La SLD est arrivée au pouvoir avec des slogans sociaux, de lutte pour les droits des plus pauvres, de l’arrêt de la privatisation etc., mais en pratique elle a fait le contraire elle a réalisé le programme néolibéral. Par exemple sa première décision en Silésie ce fut la privatisation du complexe sidérurgique Huta Katowice, menée par le ministre Andrzej Szarawarski. Les gens ne veulent plus de ces représentations politiques qui au cours des campagnes électorales les assurent qu’elles vont réaliser un programme de gauche et, une fois au pouvoir, continuent les réformes libérales. Maintenant de nouveau nous sommes les témoins d’une telle situation. Il suffit de comparer ce qu’affirmaient dans leur campagne électorale Andrzej Lepper et « Samoobrona » (11) et ce qu’ils disent maintenant. Après les élections, même Balcerowicz a cessé de déranger Lepper. On ne peut pas traiter les gens de la sorte et au nom de jeux personnels abuser de leur confiance. Dans le cas du PPP un tel danger n’existe pas, car la dépendance est inverse. Au sein du PPP ce ne sont pas les syndicalistes qui sont au service du parti, c’est le parti qui est l’outil des travailleurs. C’est la meilleure protection contre la distanciation du parti envers sa base sociale et une garantie que le programme de gauche sera réalisé de manière conséquente.

Le PPP est issu de « Sierpien 80 ». Est-ce qu’il limite son programme aux militants de ce syndicat ?

Boguslaw Zietek : Le PPP a présenté un programme que chaque syndicaliste peut signer. On y trouve les revendications de l’accroissement du salaire minimum au niveau de 68 % du salaire moyen. Nous voulons la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires en préservant le niveau actuel des salaires et en l’augmentant de manière systématique dans l’avenir. Nous nous prononçons pour le maintien de la progression des impôts sur le revenu et en faveur de l’introduction d’une tranche imposée à 50 % pour les plus riches et d’une tranche imposée seulement à 10 % pour les pauvres. Nous proposons également de ne pas imposer les groupes sociaux qui vivent à la frontière de la misère ainsi que les retraités et les pensionnés. Nous avons élaboré le projet de la « Loi portant sur le statut du chômeur », garantissant une allocation à tous ceux qui ne trouvent pas du travail. Nous nous opposons à ce que l’enseignement et le service de santé deviennent payants, à la privatisation des services publics et des branches stratégiques de l’économie. Voilà ce que nous voulons réaliser en employant les instruments politiques. Je ne peux imaginer un syndicat qui ne serait pas d’accord avec ces buts. Malheureusement la pratique démontre qu’il y a des syndicats qui non seulement ne soutiennent pas la gauche, mais qui vont jusqu’à signer le programme des partis de droite et néolibéraux. C’est une confusion ! Mais le niveau de conscience augmente et de tels syndicats perdent leur raison d’être, car les gens ne veulent pas des jeux, mais du travail et du pain.

Pourtant tout laisse croire que bientôt nous n’aurons que les jeux?

Boguslaw Zietek : Il n’y a aucun doute sur ce que va être et quels effets va produire le gouvernement de la droite en Pologne. On le voit déjà clairement au travers de l’écrasement des droits des travailleurs et des syndicats dans la mine de charbon KWK Budryk (12) et dans la limitation du droit de manifester ses opinions dans les rues de Poznan (13) et d’autres villes de Pologne. Et cela ne se limitera pas à la revanche politique aveugle, aux épurations et à la limitation de la démocratie. En 1997-2001 c’est à peu de choses près la même équipe que celle qui vient de constituer le gouvernement, qui exerçait déjà le pouvoir, seulement sous une autre étiquette. Cela parle de soi. Le niveau de chômage ne va pas diminuer, il n’y aura pas de minimum social ni d’allocations de chômage, aucun des graves problèmes sociaux ne sera résolu. Pour la Pologne, ce sera un mauvais gouvernement. Mais il peut constituer une chance pour la gauche, si cette dernière parvient à s’unifier et à présenter une alternative programmatique crédible. Nous devons démontrer qu’il est possible de réaliser un programme économique qui serve les travailleurs et non les capitalistes. Malheureusement, les expériences passées avec la SLD et la SdPl (14) montrent, que si ces partis clamaient un programme de gauche, leurs dirigeants ont réalisé juste après les élections un programme en général libéral. C’est ce que nous avons vu jusque-là. Cela peut-il changer ? Nous verrons. Les erreurs que va faire la droite au gouvernement seront une chance pour la renaissance d’une gauche crédible. De même leur propre réflexion sur les erreurs commises par les groupements de la gauche constitue une telle chance. Mais lorsque je lis que la SLD et la SdPl envisagent de fusionner avec l’ex-Union de la Liberté, actuellement nommée Parti Démocrate, alors j’ai les plus grands doutes qu'il s’agisse bien là d’un partenaire convenable pour la gauche. De telles conceptions classent clairement ces partis du côté libéral.

Le résultat électoral du PPP n’indique-t-il pas qu’un programme clairement de gauche n’a pas convaincu grand monde ?

Boguslaw Zietek : Le succès du PPP qui venait d’apparaître fut d’avoir réussi à enregistrer des listes dans toutes les circonscriptions électorales. Aux élections parlementaires nous avons obtenu 0,77 % de voix à l’échelle du pays (15). Il n’y a pas de quoi se réjouir, mais nous n’attendions pas un autre résultat. Les élections ont été décidées avant que les gens n’atteignent les urnes par les médias et les sondages préélectoraux. Mais le PPP a quand même réussi à parvenir jusqu’aux électeurs. Si nous faisions le compte des dépenses que nous avons réalisées pour la campagne et le nombre de voix obtenu, il s’avérera que nous sommes le parti qui a investi le moins pour toucher les électeurs. Ce n’est pas suffisant. Le temps d’antenne dans le cadre de la campagne électorale est trop petit pour un parti provenant « hors de l’entente » pour que les électeurs puissent prendre connaissance du programme et puissent en être convaincus. Le PPP compte participer aux prochaines élections municipales et je crois que nos résultats seront meilleurs.

Avec qui le PPP veut-il collaborer s’il ne veut pas se limiter aux militants de « Sierpien 80 » sur la base duquel il a été créé ?

Boguslaw Zietek : Le comité électoral du PPP a invité sur ses listes d’autres organisations de la gauche extraparlementaire, entre autres le Parti communiste de Pologne (KPP), le Parti socialiste polonais (PPS), le Parti anticlérical du progrès « Raison » (16). Nous voulons collaborer avec ces groupements en partenaires et créer avec eux une gauche crédible, en intégrant ces milieux autour d’un programme commun. Nous rejetons les divisions historiques artificielles, fondées sur ce que les uns et les autres avaient fait avant 1989. Si quelqu’un veut faire aujourd’hui du bien pour la Pologne, cela n’a pas d’importance s’il avait appartenu dans le passé au POUP (17) ou à l’opposition. Jusqu’en 1989 j’étais dans l’opposition, mais je comprends parfaitement ceux qui disent que du temps de la Pologne Populaire le pays se développait, les gens avaient du travail, il n’y avait pas de chômage et de pauvreté à une échelle comparable avec aujourd’hui, et qu’après 1989 on a assisté à la vente en soldes de tout ce qui a été réalisé par des générations de Polonais. Je comprends l’amertume et le désenchantement de ceux qui assimilent les 16 années de réformes avec la seule liquidation des acquis sociaux du monde du travail. je le comprends, car je vois combien d’entreprises ont été liquidées en Silésie et que seulement dans ce département il y a quatre cent mille chômeurs. Et la situation est pire dans le reste du pays. Nous avons trois millions de chômeurs et seulement 10 % d’entre eux ont droit aux allocations. les autres sont laissés à eux- mêmes. 40 % des chômeurs sont des jeunes de moins de 25 ans. Ils n’avaient jamais eu l’accès à l’emploi. C’est cela qui fonde les critères authentiques de la division et non les divergences historiques pour savoir qui avait eu raison en 1956 ou en 1989. On ne peut accepter le dédain pour les acquis des générations précédentes, ni les rejeter seulement parce qu’elles ont vécu et travaillé dans la Pologne Populaire.

Dans le programme du PPP, outre les questions sociales, il y a aussi des choix idéologiques assez unilatéraux. Dans notre réalité ils sonnent même très radicalement?

Boguslaw Zietek : Le PPP a été fondé sur la base d’un syndicat, mais nous ne limitons pas nos revendications à la seule sphère sociale. Personne de raisonnable ne peut avoir de doutes que nous avons besoin d’un État laïque, neutre du point de vue idéologique, et de la séparation de la religion des questions étatiques et de la politique. Il est important qu’en Pologne les standards civilisés concernant les droits des femmes soient appliqués et que l’État lutte activement contre les manifestations de la discrimination et tente d’égaliser les droits des femmes dans divers domaines de la vie, en particulier sur le marché du travail. Il y a de nombreux groupes qui sont lésés, discriminés et exclus. Nous voulons défendre leurs droits en tant que parti politique. Depuis le début nous nous prononçons clairement contre la participation de la Pologne à la guerre en Irak et contre l’occupation de ce pays, en exigeant le retrait immédiat des armées polonaises. Contrairement à de nombreux partis qui utilisent les couleurs de la gauche, nous n’avons pas hésité à présenter à ce sujet un point de vue clair et nous avons pris part aux manifestations antiguerre.

Est-ce que le PPP s’identifie avec les groupements de gauche parties prenantes du mouvement altermondialiste, qui rejettent la conception de la « troisième voie » formulée en 1999 par Tony Blair et Gerhard Schröder et par la social-démocratie ?

Boguslaw Zietek : Nous aussi nous sommes critiques face au phénomène du recul de la gauche devant les intérêts du grand capital, ce qui doit être clairement apprécié en tant que trahison des intérêts du monde du travail. C’est pourquoi nous regardons avec intérêts les processus en cours sur la scène politique d’Europe occidentale, où la gauche conséquente gagne en popularité. En Pologne on peut voir les débuts de transformations similaires. Dans notre pays aussi apparaît le mouvement altermondialiste qui proclame qu’un « autre monde est possible ». Nous nous opposons aux effets négatifs de la mondialisation néolibérale, que nous subissons aussi en Pologne. Nous prenons part à diverses initiatives des altermondialistes polonais et nous collaborons avec ces milieux. Nous voulons en particulier prendre part aux Forum sociaux internationaux, en tant que syndicat et en tant que parti. Dans ces Forums il y a divers courants sociaux et politiques. Ce qui nous unit, ce sont les revendications de la justice sociale, d’une véritable démocratie et de la primauté du travail sur le capital. ■

Synthèse sur la Pologne

Traduction : J.M. (du polonais), plus annotations

Notes

1. L’OPZZ (Entente nationale des syndicats), actuellement prétendant être la plus grande centrale syndicale, a été la centrale officiellement autorisée en 1984, sous la dictature du général Jaruzelski, alors que « Solidarnosc » était hors-la-loi.

2. Le « plan Balcerowicz », du nom du Ministre de l’économie et des finances du gouvernement formé en septembre 1989 par Tadeusz Mazowiecki, a été le programme de restauration capitaliste et de mercantilisation brutale de l’économie polonaise, imposé par le FMI.

3. Marian Jurczyk, dirigeant de « Solidarnosc » du chantier naval de Szczecin et membre de sa direction nationale en 1980-1981, s’était opposé aux négociations de la table ronde en 1989 et a été le principal dirigeant du syndicat « Solidarnosc 80 ». En 1997 il a été élu sénateur, en 1998 maire de la ville de Szczecin.

4. Jan Olszewski, avocat, membre actif de l’opposition polonaise depuis 1956, a formé un gouvernement de droite en décembre 1991. Ce gouvernement a été renversé en juin 1992, après avoir engagé une campagne anticommuniste et tenté de prendre le contrôle du processus de privatisations. Son gouvernement à, entre autres, vendu pour une bouchée de pain l’usine FSM à FIAT.

5. Cf. l’article de Z. Kowalewski.

6. Depuis 1989 les chaînes d’hypermarchés occidentaux ont

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