Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 560-561 avril-mai 2010

16E CONGRÈS MONDIAL

Rôle et tâches de la IVe Internationale

Cf. aussi : [Seizième Congrès]

Résolution * du 16e Congrès mondial

Guadeloupe, 24 janvier 2009. Photothèque Rouge/Frédéric Gircour

Guadeloupe, 24 janvier 2009. Photothèque Rouge/Frédéric Gircour

1. Nous connaissons une situation marquée par la combinaison sans précédent historique d’une crise économique globale et d’une crise écologique planétaire, une crise multidimensionnelle qui atteint la civilisation capitaliste et patriarcale. C’est un tournant majeur. Cette double crise démontre la faillite du système capitaliste et met à l’ordre du jour la réorganisation et la reconstruction d’un mouvement ouvrier anticapitaliste. Elle va tendre tous les rapports sociaux et accroître toutes les contradictions du système. Les attaques sociales et économiques et les contre-réformes libérales vont redoubler contre les classes populaires. Ces attaques toucheront spécialement les femmes, dans la mesure où leur situation de départ est pire (taux de pauvreté, de chômage et de précarité beaucoup plus élevé que chez les hommes) et où elles seront amenées à compenser les restrictions dans les services publics et les charges sociales par une augmentation de leur travail non rémunéré dans le milieu familial. Les conflits et les guerres risquent de se multiplier.

Le fondamentalisme religieux va être utilisé de plus en plus souvent comme le ciment idéologique non seulement des attaques contre les classes populaires, en s’en prenant notamment aux possibilités des femmes de contrôler leur propre corps, mais aussi des guerres et des conflits entre les pays et les groupes ethniques. Les catastrophes écologiques frapperont des millions d’êtres humains, en particulier dans les régions les plus pauvres, empirant de manière disproportionnée la situation des femmes, en tant que responsables de la famille.

C’est une nouvelle période historique qui s’annonce. De nouveaux rapports de forces entre puissances impérialistes pointent dans l’économie et la politique mondiales, avec l’émergence de nouvelles puissances capitalistes comme la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil. La conjugaison de l’affaiblissement de l’hégémonie américaine et de l’aggravation de la concurrence intercapitaliste entre l’Europe, la Russie, l’Asie et les États-Unis a aussi des prolongements géostratégiques dans de nouvelles configurations politiques et militaires, avec un rôle accru de l’OTAN et de nouvelles tensions internationales. L’impérialisme américain a compensé ces dernières années son affaiblissement économique par un redéploiement de son hégémonie militaire aux quatre coins du monde. Les contradictions sociales et économiques ont amené aux États-Unis même au discrédit de l’équipe républicaine autour de G.W. Bush. C’est à ce discrédit qu’a répondu l’élection de B. Obama comme solution alternative pour l’impérialisme états-unien, même si son élection a exprimé, pour une partie de la société américaine, une aspiration réelle de changement qui sera déçue.

En conclusion, la crise exprime l’échec du néolibéralisme, même si le rapport de forces reste favorable au capital. Comme idéologie, il se montre incapable d’offrir une solution, et c’est la raison pour laquelle les propositions du G20 sont un retour au passé qui volera en éclats avec la crise. On a décrété la fin du consensus de Washington, mais en mettant le FMI au centre des décisions alors que son ordre de priorité est clairement néolibéral. Toutes les contradictions inhérentes à ce système social vont entrer en tension sans que la social-démocratie et le centre-gauche soient capables d’offrir une réponse adéquate. Même les recettes néokeynésiennes — qui n’ont pas été adoptées — ne suffiraient pas à résoudre la crise.

Elle a un impact particulièrement dur sur les femmes et les minorités sexuelles qui sont exclues de la famille (ou qui choisissent de ne pas y vivre), et sont ainsi coupées de ses ressources. Elle pousse beaucoup des plus marginalisés, comme les transgenres, dans une pauvreté encore plus profonde. Cela est particulièrement vrai dans les pays dépendants où « l’État-providence » est faible ou inexistant.

2. Les résistances sociales continuent à monter à l’échelle planétaire mais d’une façon très inégale et en restant défensives. Le mouvement altermondialiste a perdu l’élan qui était le sien jusqu’en 2004. Le succès du Forum de Belém de 2009 montre, néanmoins, le besoin et la possibilité de convergences internationales, mais dans un cadre où les luttes sont plus fragmentées et dispersées. En Europe, le succès des mobilisations contre le G20 et l’OTAN donne des indications sur le renouveau du mouvement altermondialiste (pour une justice globale). Le FSE d’Istambul peut être un événement d’importance.

La nouvelle initiative commune en 2010 de la Marche Mondiale des Femmes pourrait être une étape supplémentaire dans la reconstruction et le renforcement du mouvement féministe international.

Dans certains pays d’Europe — France, Grèce, Allemagne, Pologne, Italie — les luttes sociales ont pesé centralement sur la scène politique, mais ces luttes ne sont pas suffisantes pour bloquer ou inverser les tendances lourdes de l’offensive capitaliste et les effets de la crise. Elles n’arrivent pas à surmonter les processus de division, de fragmentation du salariat. Ces luttes restent défensives. Elles ne trouvent pas, encore, leur traduction, en termes de conscience anticapitaliste. Dans ce cadre, en l’absence d’une présence forte de la gauche anticapitaliste, les alternatives et tendances réactionnaires, même xénophobes et racistes, peuvent se renforcer.

Au Moyen-Orient, la résistance des peuples aux occupations et aux agressions occidentale et israélienne se maintient en Palestine, en Irak et au Liban. L’agression meurtrière menée par le gouvernement sioniste à Gaza en janvier 2009, deux ans après celle du Liban, n’a pas pu davantage venir à bout de la résistance. Même si le Hamas et le Hezbollah sont aujourd’hui les principales références politiques dans cette résistance, il existe à l’extérieur de ces organisations des courants de gauche qui situent leur action, non seulement dans la perspective de la libération nationale mais aussi d‘une libération sociale rejetant l’exploitation de l’être humain et particulièrement la ségrégation des femmes. C’est cette position que nous devons renforcer.

L’Amérique latine continue d’être le centre des résistances au néolibéralisme. C'est le continent avec les situations les plus explosives, même si celles-ci sont inégales selon les pays. Le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur vivent les processus de radicalisation majeure et de ruptures partielles avec l’impérialisme, qui ont impliqué certaines avancées importantes, au niveau du gouvernement et/ou des mouvements sociaux. D’autres ont encore un pronostic difficile à établir, comme le Paraguay. Tous prennent Cuba comme référence. D’autres pays maintiennent des variantes politiques du néolibéralisme, comme le néodéveloppementisme en Argentine ou comme le social-libéralisme en Uruguay ou au Brésil. Ce dernier malgré ses fortes contradictions avec les États-Unis, surtout dans sa politique de défense, de par son appartenance à la Unasur et ses accords avec le Venezuela, collabore à des politiques fondamentales avec Washington et espère arriver à un leadership régional. Alors que la Colombie, le Pérou, le Chili et le Mexique se maintiennent décidément néolibéraux.

Cependant, une nouvelle situation politique se présente avec la menace impérialiste renouvelée dans la région, la présence de la Quatrième Flotte, le coup d’État au Honduras, sept nouvelles bases militaires en Colombie, l’intervention directe de l’ambassade américaine dans le plus important conflit syndical depuis des années en Argentine, l’ingérence politique et militaire en Haïti… C'est une tentative de rupture avec les avancées politiques actuelles qui met à l'ordre du jour le besoin d’élaborer une réponse internationale.

Ceci implique qu’en Amérique latine la lutte de classes va s’intensifier prochainement. Les gouvernements du Venezuela et de l’Équateur vivent un recul par rapport à leurs propositions les plus radicales, démontrant surtout deux aspects qui génèrent une préoccupation : l’orientation vers des modèles extractivistes des ressources naturelles et peu de participation démocratique des secteurs sociaux. En Bolivie, il y a une radicalisation des processus de changement, du fait du maintien et de l’appui direct des mouvements sociaux.

Même s’il s’agit là de processus conflictifs, avec des avancées et des reculs, ils courent le risque de ne pas nécessairement avancer vers des positions anticapitalistes lors de leur évolution, à moins d’un renforcement de l’autoactivité des salarié(e)s, des peuples originaires comme des secteurs sociaux opprimés et d’une meilleure pression de ceux-ci sur les gouvernements comme au Venezuela, Bolivie, Équateur.

La radicalisation des mouvements sociaux, avec une importance particulière de la lutte des mouvements indigènes et paysans, exerce des pressions sur les gouvernements mentionnés et en même temps présente une perspective avec une claire position anticapitaliste de défense des ressources naturelles : terre, eau, biodiversité, etc. et de changement de modèles de développement, comme l'a indiqué la déclaration de l’Assemblée des mouvements sociaux, qui s’est réunie lors du FSM/Belem, ainsi que la récente assemblée de l’Alba TCP, qui dans sa déclaration finale dénonce le capitalisme, appelant à le dépasser ; les rencontres nationales, régionales et internationales des mouvements sociaux sont un exemple de la potentialité radicale que contient la région sud de l’Amérique latine.

L’une des tâches politiques urgentes pour les organisations est de potentialiser l’autoactivité des masses, la généralisation du contrôle ouvrier et la création d’organes de pouvoir populaire. Dans le cas contraire, le plus probable, au Venezuela, en Bolivie et en Équateur, est que le risque d’un recul définitif et d’une consolidation du capitalisme existe, alors qu’aujourd'hui ces pays le confrontent.

L’activité des sections et groupes de la IVe Internationale en Amérique latine doit prendre en compte ces tendances, l’actualité de la question nationale dans la région et l’interrelation anti-impérialisme/anticapitalisme. Ils doivent définir la tactique d’intervention dans un processus où apparaît l’interrelation parfois convergente, parfois contradictoire, entre les États qui intègrent l’ALBA et les mouvements sociaux avec de fortes expériences d’auto-organisation et d’autogestion. Cette tactique implique de promouvoir les demandes et les luttes unitaires en défense des droits des peuples indigènes, le refus de la criminalisation de la contestation, des privatisations, de l’extractivisme des ressources naturelles, du machisme et de la crise économique et écologique, en stimulant ainsi le débat politique stratégique à propos du pouvoir et de l’hégémonie dans nos sociétés.

Dans une série de pays capitalistes appelés habituellement émergents ou résultant de la restauration capitaliste — Chine, Russie — le tourbillon de la globalisation tend à prolétariser des centaines de millions d’êtres humains. Mais cette nouvelle puissance sociale, qui peut jouer un rôle-clé dans les années qui viennent, ne s’est pas encore dotée d’organisations syndicales, associatives, politiques indépendantes de masse à la hauteur des enjeux de cette réorganisation mondiale.

Le pillage des ressources en Afrique au profit des grandes entreprises capitalistes s’accentue avec la complicité des pouvoirs en place. La progression continue du Produit intérieur brut réel des dernières années en Afrique subsaharienne ne profite pas à la population, seules les inégalités sociales augmentent. Face à la dégradation des conditions de vie, des grandes luttes se sont déroulées, telles les grèves générales en Guinée, les manifestions au Togo, la grève générale de la fonction publique en Afrique du sud. La crise alimentaire de la fin 2008 a provoqué de nombreuses mobilisations. Cependant, l’absence d’alternative politique handicape lourdement le succès de ces luttes, comme en Guinée ou au Cameroun : soit elles sont dévoyées vers des formations bourgeoises populistes, comme à Madagascar ; soit elles se fourvoient dans des impasses religieuses, comme au Nigeria ou au Congo (RDC), ou pire, ethnicistes et racistes comme au Kenya ou en Afrique du sud.

La construction d’organisations ouvrières et populaires démocratiques demeure une nécessité absolue pour le succès des luttes.

En Asie, le fort développement en cours du capitalisme en Chine et en Inde ainsi que dans la plupart des pays du Sud-Est soulève des questions politiques décisives. Environ la moitié de la classe ouvrière mondiale vit en Asie et la nécessité de créer et de renforcer les partis révolutionnaires dans cette partie du monde est cruciale. La situation est très différente d’un pays à l’autre.

La Chine est de la plus haute importance. Des décennies de répression expliquent pourquoi la création d’un parti révolutionnaire doit repartir de zéro. Il sera nécessaire d’apporter à la Chine l’expérience et la tradition du mouvement ouvrier international pour stimuler la création d’un parti révolutionnaire ainsi que la solidarité internationale. La IVe internationale devra apporter une attention particulière aux développements politiques et sociaux que la crise internationale actuelle pourra y faire apparaître dans un futur proche.

En Inde, dont la population sera supérieure à celle de la Chine en 2050, et où l’industrialisation plus rapide a augmenté le nombre de travailleurs et accru la crise rurale, la situation politique et nos tâches sont différentes. Le mouvement ouvrier y est très développé et organisé mais dominé par des partis staliniens ou maoïstes. La construction d’un parti révolutionnaire défendant notre programme ne peut se faire en les ignorant.

Dans l’Asie du Sud-Est, la situation est très inégale. Dans certains pays, comme la Thaïlande ou la Birmanie, le mouvement ouvrier est très faible. Dans ces pays, il n’y a pas de social-démocratie ni de partis radicaux de gauche. Notre tâche y est d’établir des liens plus forts avec les mouvements sociaux qui sont actifs dans la défense des paysans, des femmes et des travailleurs là où des syndicats existent. L’Indonésie et la Malaisie sont dans une situation intermédiaire. Il y existe quelques petits partis révolutionnaires avec lesquels nous pouvons engager un débat politique constructif et une collaboration.

Aux Philippines et au Pakistan, la IVe internationale a de fortes organisations qui peuvent être à la base de notre activité politique dans toute l’Asie. Dans ces pays, nous sommes confrontés au fondamentalisme islamique. Nous nous opposons aux Talibans en Afghanistan et aux extrémistes musulmans (comme Abou Sayaf) aux Philippines car ce sont des forces réactionnaires. Nous ne pouvons passer aucun accord avec eux au nom de l’anti-impérialisme. Dans d’autres pays, comme l’Indonésie ou la Malaisie, nous pourrions être confrontés au fondamentalisme islamique et la IVe internationale devra renforcer son analyse.

Au Sri Lanka, après plusieurs décennies de guerre, le gouvernement à infligé une défaite militaire au LTTE mais le problème à la racine de la question tamoule n’a pas été résolu. Par ailleurs, le gouvernement Rajapaksa utilise la répression violente pour faire taire ses opposants et les médias. La IVe Internationale doit prendre part à la campagne internationale de solidarité avec le peuple tamoul.

Dans toute l’Asie, la IVe Internationale défend les droits des groupes ethniques et des peuples indigènes et soutient leur lutte pour l’autodétermination.

Au Japon, le processus de fusion de deux organisations liées à la IVe Internationale est en cours. Depuis septembre 2009 ils publient en commun un journal.

En Corée du Sud aussi, où le mouvement ouvrier est puissant, il y a une convergence des différentes forces pour la création d’un nouveau parti anticapitaliste. Comme ce pays a de fortes traditions dans la lutte de classe ouvrière, la IVe Internationale doit suivre cet évènement avec attention. De plus, elle doit organiser des campagnes de solidarité pour défendre les militants de partis révolutionnaires actuellement réprimés par l’État.

3. La dynamique de la globalisation capitaliste et de la crise actuelle change le cadre d’évolution et de développement de la gauche traditionnelle. Les marges de manœuvres des bureaucraties réformistes sont considérablement réduites. Du réformisme sans réformes au réformisme avec contre-réformes, la social-démocratie ou des forces équivalentes dans une série de pays dominés ou en voie de développement, connaissent une évolution vers le social-libéralisme, c’est-à-dire que ces forces endossent directement les politiques néolibérales et néoconservatrices. Toutes les forces, qui peu ou prou sont liées politiquement ou institutionnellement au social-libéralisme ou au centre-gauche — ainsi que le mouvement féministe, notamment via les formes institutionnalisées des ONG, des associations féministes d’entraide, etc — sont entraînées dans ces changements qualitatifs du mouvement ouvrier et sont incapables de formuler un projet de sortie de la crise. En plus, on a assisté à des politiques, comme celles menées par le gouvernement Lula au Brésil, qui aggravent la crise écologique. La confrontation avec ces partis est plus difficile étant donné qu’ils maintiennent leur contrôle, surtout électoral, sur une partie du mouvement ouvrier, et c’est pourquoi il faut construire une véritable alternative politique qui soit crédible.

Les partis communistes traditionnels poursuivent leur déclin prolongé. Ils tentent de le freiner en s’accrochant aux forces dominantes de la gauche libérale et aux appareils institutionnels ou se replient sur des positions nostalgiques et identitaires. S’il y a des secteurs ou courants qui veulent construire des mouvements sociaux avec des forces anticapitalistes, comme c’est le cas de Synaspismos en Grèce, ils sont amenés à connaître des contradictions ou des fractures à cause de leur nature réformiste.

De fait, la décision de construire des partis anticapitalistes ne signifie pas que l’on ne comprend pas qu’il existe des courants réformistes de gauche, radicaux et antilibéraux, qui jouent un rôle et conservent une crédibilité électorale. Pour autant, ils restent des concurrents et/ou des opposants politiques. Leur présence peut être renforcée par d’éventuels virages tactiques à gauche, généralement électoralistes. Pour le social-libéralisme c’est souvent dans le but de reconquérir l’aval de la classe ouvrière et des secteurs populaires. Cette situation nous oblige à nous pencher sur le défi de réaliser une politique de front unique offensive, capable de répondre aux besoins de tou-te-s les salariés. Lorsque l’on décide sur la base de conditions politiques claires d’intervenir à l’intérieur des partis antilibéraux et réformistes de gauche (comme dans le cas de Die Linke), nous le faisons sans illusions sur la nature de ces partis et en construisant des tendances anticapitalistes liées aux mouvements sociaux, qui combattent l’électoralisme, l’institutionnalisation et les tentatives de compromis avec le capitalisme.

4. Nous voulons nous engager dans la réorganisation d’un mouvement ouvrier anticapitaliste pour créer une nouvelle gauche à la hauteur du défi de ce siècle et reconstruire le mouvement ouvrier, ses structures, sa conscience de classe, son indépendance par rapport à la bourgeoisie au niveau politique et culturel :

Une gauche anticapitaliste, internationaliste, écologiste, féministe ;

Une gauche clairement alternative à la social-démocratie et à ses gouvernements ;

Une gauche qui se batte pour un socialisme du XXIe siècle, autogéré et démocratique et qui se dote d’un programme conséquent pour y arriver ;

Une gauche consciente que, pour atteindre cet objectif, il faut rompre avec le capitalisme et sa logique et donc ne pas gérer avec les représentations politiques qui elles ne veulent pas rompre, ce que l’on veut combattre ;

Une gauche pluraliste et ancrée dans les mouvements sociaux et dans le monde du travail, qui intègre la combativité des travailleurs, les luttes de libération et émancipation des femmes, du mouvement LGBT, et les luttes écologistes ;

Une gauche non-institutionnelle qui base sa stratégie sur l’auto-organisation du prolétariat et de tous/toutes les opprimé(e)s selon le principe que l’émancipation des travailleurs/travailleuses est l’œuvre des travailleurs/travailleuses eux-mêmes ;

Une gauche qui impulse toutes les formes d’auto-organisation des travailleurs et des classes populaires, qui favorise et stimule la capacité de penser, de décider et d’agir pour son propre compte ;

Une gauche qui intègre des nouveaux secteurs sociaux, des nouvelles thématiques comme celles qui ont été exprimées par les forums sociaux mondiaux, et surtout des nouvelles générations parce qu’on ne peut pas faire du neuf qu’avec du vieux ;

Une gauche internationaliste et anti-impérialiste qui se batte contre la domination et la guerre et pour l’autodétermination des peuples et qui dessine le cadre d’une Internationale de masse et démocratique ;

Une gauche capable de lier le patrimoine précieux du marxisme critique et révolutionnaire avec l’élaboration féministe, écosocialiste ou les élaborations des mouvements indigènes de l’Amérique latine ;

Une gauche indépendante et classiste qui se bat pour la plus large unité d’action contre la crise et pour les droits, les acquis et les aspirations des travailleurs/travailleuses et de tous/toutes les opprimé(e)s.

Ce sont ces critères et le contenu générique que nous nous donnons pour construire de nouveaux instruments politiques anticapitalistes utiles pour combattre le système actuel.

5. C’est dans cette aspiration que se posent les problèmes de construction de la IVe Internationale, de nouveaux partis anticapitalistes et de nouveaux regroupements internationaux. Nous l’avions traduit, dès 1992, donc dans les deux derniers congrès mondiaux, dans le triptyque « Nouvelle époque, nouveau programme, nouveau parti », développé dans les textes de l’Internationale. Nous confirmons l’essentiel des choix faits lors de notre dernier congrès mondial en 2003 sur la construction de larges partis anticapitalistes. La IVe Internationale est confrontée, de manière globale, à une nouvelle phase. Les militants, noyaux, courants ou organisations marxistes révolutionnaires doivent se poser le problème de la construction de formations politiques larges, anticapitalistes, révolutionnaires dans la perspective d’une nouvelle représentation politique indépendante des travailleurs, qui prenne en compte la diversité de la classe ouvrière — discriminations de genre, raciales, le fait d’avoir, ou non, des papiers, discriminations sur l’âge ou l’orientations sexuelles — et qui défende résolument un programme de classe.

Construire des partis anticapitalistes larges représente la réponse actuelle que nous faisons à la crise du mouvement ouvrier et de la gauche et à la nécessité de sa reconstruction. Ce projet s’appuie sur les luttes de masse, le protagonisme des mouvements de masse et l’émergence d’une nouvelle génération. Bien sûr cela n’élimine pas notre identité marxiste révolutionnaire, écologiste, féministe, internationaliste et notre objectif fondamental qui est de renverser le capitalisme pour créer un nouveau pouvoir fondé sur la démocratie, la participation directe, c’est-à-dire une véritable démocratie socialiste.

Cela est vrai à l’échelle de chaque pays et à l’échelle internationale. Sur la base de l’expérience de la lutte de classes, du développement du mouvement altermondialiste, des luttes de résistance et des mobilisation anti-guerre des dix dernières années, et en particulier sur la base des enseignements tirés de l’évolution du PT brésilien, de Refondation communiste en Italie, des débats de la gauche anti-libérale française, les marxistes révolutionnaires se sont engagés ces dernières années dans la construction du PSOL au Brésil, de Sinistra Critica en Italie, du Nouveau Parti Anticapitaliste en France, de Respect en Angleterre, du Parti polonais du travail. Dans cette perspective, nous avons aussi poursuivi les expériences de construction du Bloco de Esquerda au Portugal et de l’Alliance Rouge-Verte au Danemark. L’objectif commun, avec des voies différentes, est celui de larges partis anticapitalistes. Il ne s’agit pas de reprendre les vieilles formules de regroupement des seuls courants révolutionnaires.

L’ambition est de rassembler au-delà des seules forces révolutionnaires. Celles-ci peuvent être un point d’appui dans ce processus de rassemblement à condition qu’elles s’orientent clairement pour construire ces partis anticapitalistes. Même s’il n’y a pas de modèle, chaque processus de regroupement tenant compte des spécificités et rapports de forces nationaux, notre objectif doit donc être de chercher à construire des forces politiques larges anticapitalistes indépendantes de la social-démocratie et du centre-gauche, des formations qui rejettent toute politique de participation ou de soutien à des gouvernements de collaboration de classes — aujourd’hui, à des gouvernements avec la social- démocratie ou le centre-gauche —, des forces qui comprennent que le fait d’obtenir des victoires concernant les droits des femmes, telles que le référendum sur l’avortement au Portugal, renforce le camp des anticapitalistes. C’est sur la base d’une telle perspective que nous devons nous orienter.

Ce que nous savons des expériences de décantation et de réorganisation en Afrique et en Asie pèse dans le même sens. Toutefois, dans les pays du Sud de l’Amérique latine la construction de partis anticapitalistes larges doit intégrer dès le départ une adhésion claire au socialisme. C’est au travers de ce processus que nous pouvons connaître un nouvel essor.

Là où nous travaillons à l’intérieur de forces politiques larges, il est important de lutter pour le droit à l’auto-organisation, à l’intérieur de ces partis, des femmes et des LGBT et que cette auto-organisation soit présente dans leurs programmes et leur pratique politique. Cette auto-organisation est un moyen de résister aux pressions de l’électoralisme et de l’institutionnalisation. Dans les nouvelles formations politiques radicales de plusieurs pays d’Amérique latine, le droit à l’auto-organisation est important dans le but de lutter pour un socialisme du XXIe siècle à partir de la base et qui rejette les tendances autoritaires et la tentation de répéter les erreurs du XXe siècle. En général, à l’intérieur de telles forces, nous partons d’une compréhension liée à notre vision du socialisme, à la nécessité d’une réponse ferme et collective à toutes les manifestations de sexisme, racisme, islamophobie, antisémitisme, homophobie et transphobie. Nous luttons aussi pour qu’une attention particulière soit portée à l’organisation de la jeunesse, pour l’intégration des problématiques des femmes, lgbt, des migrants et des Noirs dans les prises de positions publiques du parti et dans l’intervention quotidienne et pour la représentation des camarades spécialement opprimés dans la direction du parti, parmi ses porte-paroles et les candidats à ces fonctions. 

6. Voilà le cadre dans lequel nous devons aborder les rapports entre la construction de la IVe Internationale et une politique de rassemblement anticapitaliste à l’échelle nationale, continentale et internationale. Il faut discuter comment renforcer et transformer la IVe Internationale pour en faire un outil efficace dans la perspective d’un nouveau rassemblement international. Nous avons déjà commencé à faire, avec des résultats limités il faut le reconnaître, des conférences de la gauche anticapitaliste ou d’autres conférences internationales. Sur le plan international, nous avons multiplié, sur cette base politique, les conférences et les initiatives de convergence et de rassemblement international : la constitution de la gauche anticapitaliste européenne (Gace-EACL), avec le Bloc de gauche portugais, l’Alliance Rouge et Verte danoise, le SSP écossais. Nous avons travaillé avec des organisations comme le SWP anglais. D’autres partis — même réformistes de gauche — qui ont eu à tel ou tel moment une évolution politique « à gauche », comme Refondation communiste d’Italie ou Synaspismos de Grèce, ont aussi participé à ces conférences. Nous avons tenu aussi des conférences internationales d’organisations révolutionnaires et anticapitalistes lors des forums sociaux mondiaux de Mumbai en Inde ou de Porto Alegre et de Belém au Brésil. Sur ce plan, nous avons tissé des liens de solidarité avec le Psol brésilien, dans sa rupture avec le PT de Lula. Nous avons soutenu les efforts de nos camarades italiens pour construire une alternative anticapitaliste à la politique de la direction de Refondation communiste en Italie. Ces quelques éléments montrent le type d’orientation que nous voulons mettre en œuvre. Les différentes conférences tenues en 2008 et 2009 montrent ainsi les nécessités et possibilités d’action et de discussion communes d’un nombre important d’organisations et courants de la gauche anticapitaliste en Europe. Il faut maintenant continuer une politique de réunions et conférences ouvertes sur des thèmes de réflexion stratégique et programmatique et d’actions communes au travers de campagnes ou d’échéances de mobilisation internationale.

7. La IVe Internationale et ses sections ont joué et veulent jouer encore un rôle essentiel dans la défense, la promotion et la mise en œuvre d’un programme de revendications d’urgence mais aussi transitoires vers le socialisme ; d’une politique de front unique qui vise à la mobilisation de masse des travailleurs et de leurs organisations ; d’une politique d’unité et d’indépendance de la classe ouvrière contre toutes les formes d’alliance avec la bourgeoisie, contre toute participation à des gouvernements qui gèrent simplement l’État et l’économie capitalistes en ayant abandonné tout internationalisme ou combat pour en finir avec les inégalités et les discriminations de genres, raciales, ethniques, religieuses ou d’orientation sexuelles.

La IVe Internationale a joué et joue toujours un rôle fonctionnel pour garder vivante l’histoire du courant marxiste révolutionnaire, « comprendre le monde », confronter les analyses et les expériences de militants, de courants ou organisations révolutionnaires et rassembler des organisations, des courants et des militants qui partagent la même vision stratégique et les mêmes choix de regroupements larges sur des bases révolutionnaires. L’existence d’un cadre international qui permette de « penser la politique » est un acquis indispensable à l’intervention des révolutionnaires. L’internationalisme conséquent doit poser la question d’un cadre international. Mais pour des raisons historiques qu’elle a elle-même analysées, la IVe Internationale n’a pas la légitimité pour incarner elle-même la nouvelle Internationale de masse dont nous avons besoin. Aussi dès qu’il s’agit de faire un pas en avant dans le rassemblement des forces anticapitalistes, ces nouvelles organisations, notamment en Europe et en Amérique latine, ne peuvent s’inscrire ou adhérer à tel ou tel regroupement se réclamant de la IVe Internationale, et cela quel que soit le référent — ex-morénistes divers, lambertistes, IST (SWP), CWI (SP britannique) ou autres variantes du trotskysme. Notons, néanmoins, une différence majeure entre la IVe Internationale et tous ces regroupements, au-delà des positions politiques, et qui est à mettre à son compte, c’est qu’elle est basée sur une coordination démocratique de sections et de militants, alors que les autres regroupements internationaux sont des « Internationales-fractions » ou des coordinations basées sur des « partis-fractions » qui ne respectent pas les règles de fonctionnement démocratique, en particulier le droit de tendance. Les limites historiques de ces courants « trotskystes » internationaux, comme d’autres courants ex-maoïstes ou ex-communistes, empêchent aujourd’hui d’avancer dans la cristallisation de nouveaux regroupements internationaux. Quant aux appels de Chávez ou d’autres à de nouvelles Internationales, ils ne se situent pas sur le même terrain. Ils posent bien évidemment des problèmes de base politiques mais aussi de relations entre les États et les organisations. L’appel de Chavez pour la fondation d’une Ve Internationale pose d’autres questions sur son origine, son cadre, c’est-à-dire sur sa viabilité. La IVe Internationale affirme qu’elle est disposée à participer aux débats et aux rencontres préparatoires qui pourraient être organisées. Nous apporterons nos acquis historiques et notre vision de ce que pourrait être une nouvelle Internationale et ses bases programmatiques. Une véritable nouvelle Internationale ne pourrait naître que si ses membres partagent un programme, une capacité d’intervention, un fonctionnement démocratique et pluraliste, ainsi qu’une indépendance claire vis-à-vis des gouvernements avec pour objectif de rompre avec le capitalisme.

Dans les rapports de forces actuels, la politique pour avancer vers une Internationale de masse doit plutôt emprunter la voie de conférences ouvertes et ponctuelles sur des questions politiques centrales — actions, campagnes, thèmes spécifiques ou débats — qui permettent la convergence et l’émergence de pôles anticapitalistes et révolutionnaires. Dans ce sens la IVe Internationale répond favorablement aux propositions qui émanent de courants marxistes révolutionnaire et/ou de groupes qui partagent avec nous une compréhension commune de la situation internationale et aspirent aussi à construire de nouveaux cadres internationaux. Dans les nouveaux partis anticapitalistes qui peuvent se former dans les années à venir et expriment l’étape actuelle de combativité, d’expérience et de conscience des secteurs les plus engagés dans la recherche d’une alternative anticapitaliste, se pose et se posera la question d’une nouvelle Internationale. Nous agissons et nous agirons pour qu’elle ne se pose pas en terme de choix idéologiques ou historiques sous peine de division et d’éclatement. Elle doit se poser sur un double plan, la convergence politique réelle sur des tâches d’intervention internationale et le pluralisme des nouvelles formations qui doivent réunir des courants d’origines diverses : trotskystes divers, libertaires, syndicalistes révolutionnaires, nationalistes révolutionnaires, réformistes de gauche. Aussi en général, lorsqu’il y a eu concrètement des avancées vers de nouveaux partis, nous avons proposé que le nouveau parti large anticapitaliste fonctionne avec droit de tendances ou courants, et que les partisans de la IVe Internationale dans ces nouveaux partis s’organisent sous des formes à déterminer, en fonction des situations spécifiques à chaque parti. Nos camarades portugais dans le Bloc de gauche, danois dans l’Alliance Rouge et Verte, ou brésiliens dans le PSOL, sont organisés sous des formes particulières en courant IVe Internationale ou en courants luttes de classes avec d’autres sensibilités politiques.

8. Dans ce mouvement nous sommes confrontés à des désynchronisations entre construction du parti à l’échelle nationale et construction de nouveaux regroupements internationaux. Il peut y avoir dans la situation actuelle, ou dans les années qui viennent, de nouveaux partis anticapitalistes dans une série de pays, mais l’émergence d’un nouveau rassemblement international ou, à plus forte raison, de nouvelle Internationale n’est pas, à cette étape, envisageable. Une nouvelle Internationale ne sera que le résultat d’une période prolongée d’actions communes et d’une compréhension commune des événements et des tâches pour renverser le capitalisme. Tout en affirmant une politique de rassemblement international, cela confirme les responsabilités particulières de la IVe Internationale, et donc la nécessité de son renforcement. Nous pouvons et nous cherchons à représenter un cadre d’organisation attractif, démocratique, pour des organisations révolutionnaires qui partagent les mêmes projets politiques que le nôtre. C’est dans cette dynamique que se sont situés les camarades philippins, que se situent les camarades pakistanais, les camarades russes et que pourraient se situer demain les camarades polonais ou maliens, par exemple.

9. Nous avons, effectivement, un rôle particulier reconnu par une série de courants politiques. Nous pouvons être les seuls à pouvoir faire converger des forces politiques d’origines diverses. C’est par exemple ce que nous disent, en Amérique latine, les camarades vénézuéliens de l’UNT et d’autres courants de gauche du processus bolivarien. C’est aussi le cas en Europe, dans le cadre des relations de la GACE et de celles tissées avec d’autres courants. Aussi, nous voulons œuvrer à la rencontre de toutes ces forces. Il n’y aura pas de dépassement organisationnel immédiat. Mais nous voulons faire jouer à la IVe Internationale un rôle de « facilitateur » de convergences dans la perspective de nouveaux rassemblements internationaux.

10. Du coup, pour nous consolider et jouer ce rôle, toutes les instances de la IVe Internationale doivent être renforcées : réunions régulières du Bureau, comités internationaux, groupes de travail spécifiques, voyages, échanges entre les sections. Il faut renforcer l’activité de l’Internationale déployée ces dernières années : en rendant plus régulier et en renforçant les réunions des BP européens, ainsi que les efforts de coordination entre les sections d’Amérique Latine. Le fonctionnement régulier des instances de direction qui se sont tenues chaque année, représentant une trentaine d’organisations, doit assurer la continuité — Bureau, réunion des BP européens, CI (Comité international) – de notre courant international.

La IVe Internationale doit s’efforcer d’avoir une présence plus forte en Amérique latine. Chercher les formes et les moyens d’aider les groupes qui, dans différents pays, sympathisent avec nos positions mais n’ont pas encore une capacité organisationnelle, financière, ni un niveau de formation suffisants face à d’autres forces de la gauche organisée dans les différents pays.

Le manque de ressources, autant que la diminution du nombre de femmes, notamment dans nos directions, dans la dernière période (résultat de la baisse d’activité d’un mouvement féministe fort, ce qui a eu un impact dans nos organisations nationales et donc au niveau de l’Internationale), a eu pour conséquence que nous n’avons pas été en capacité d’animer une Commission femmes réellement active, ni de mettre en place des rencontres régionales et l’École internationale. Depuis l’an 2000, il y a eu trois séminaires Femmes, ainsi que des rencontres non-mixtes à chaque CI. Ceci a permis de maintenir des perspectives internationales limitées et fragiles, mais néanmoins bien réelles, sur les questions femmes. Étant donné la place centrale qu’occupe notre compréhension de l’oppression spécifique des femmes, la nature stratégique du combat contre cette oppression et les batailles pour construire un mouvement autonome des femmes qui se donne des perspectives anticapitalistes, nous devons trouver, dans la période à venir, les ressources nécessaires pour nous assurer que cette question est un élément central de notre perspective anticapitaliste. Dans ce cadre, nous devons en même temps renforcer notre commission Femmes internationale et être à l’initiative de discussions sur ce thème avec nos partenaires, en proposant leur participation aux séminaires et aux Écoles de notre Institut. Ce processus doit également être mené à un niveau national.

Nous devons, également, nous assurer que les femmes dans nos organisations — et dans les nouveaux partis que nous construisons — trouvent pleinement leur place et que le simple fait d’adopter la parité ou des quotas de femmes dans les directions ou sur les listes électorales n’est pas une réponse suffisante aux obstacles empêchant leur participation pleine et entière aux processus politiques. L’ensemble des mesures constituant un plan d’action a été présenté au Congrès Mondial de 1991 dans la résolution sur la Positive Action (1).

Le camp de Jeunes qui s’est tenu chaque année avec près de 500 camarades doit avoir une place centrale pour le travail jeune de nos sections européennes, dans la perspective de formation de jeunes cadres internationalistes. Alors que de plus en plus de nos organisation européennes font partie de formations anticapitalistes larges, nous continuons à encourager les invitations des jeunes des organisations larges, ainsi qu’une participation au séminaire de préparation à Amsterdam à Pâques. Le camp est une occasion importante pour que les jeunes camarades européens rencontrent les camarades des autres continents et les efforts faits par les organisations hors-Europe pour faire participer des camarades au camp est très important. En tant qu’unique initiative régulière de la IVe Internationale, le camp joue également un rôle en tant que lieu où l’on peut inviter des jeunes issus d’organisations avec lesquelles nous construisons des relations durables, comme nous l’avons fait au RIJ en Grèce en 2009, où il y avait des petites délégations de Russie, d’Ukraine, de Belarus, de Pologne et de Croatie.

L’institut de formation a pris un nouvel essor. Il faut maintenant organiser régulièrement les écoles, les séminaires et assurer un équilibre de sa gestion et de son animation. La IVe Internationale doit aussi ouvrir ses réunions et son institut. L’institut a une place centrale non seulement pour former les cadres des sections mais aussi pour contribuer aux échanges entre courants et expériences internationales diverses. Le séminaire sur les changements climatiques, ouvert à une série d’experts internationaux, en est un bon exemple. Les séminaires tenus récemment indiquent la nécessité et la possibilité d’être un creuset d’élaboration programmatique sur les questions essentielles que se posent les courants révolutionnaires et anticapitalistes.

L’existence d’une école internationale aux Philippines est un outil d’une grande importance pour former de nouvelles générations de militants révolutionnaires venant de toute l’Asie et pour partager leurs expériences. Bientôt, il y aura une nouvelle école à Islamabad au Pakistan qui élargira notre capacité à former des militants et à organiser des débats politiques en Asie du Sud. La IVe Internationale doit donner son appui total aux IIRE de Manille et d’Islamabad.

Nos écoles ont toujours été l’occasion d’inviter des organisations avec lesquelles nous voulons construire des relations durables. C’est ce que nous devons renforcer et élargir dans la période à venir.

Bref, dans les temps qui viennent et sur une orientation visant la construction d’un nouveau rassemblement international ou d’une nouvelle Internationale, la IVe Internationale — comme cadre international — constitue un atout essentiel pour les marxistes révolutionnaires. ■

Notes

* Cette résolution a été adoptée par 90,82 % des mandats, contre 8,16 % et 1,02 % d’abstentions

1. Cf. ACTION POSITIVE ET CONSTRUCTION DU PARTI PARMI LES FEMMES. Texte adopté par le 13e Congrès mondial, 1991

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