Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Politique

N° 518 juin 2006 *

POLOGNE

Signes du renouveau ouvrier

Cf. aussi : [Malewski Jan] [Pologne]

Jan Malewski

Jan Malewski est rédacteur d'Inprecor et membre du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Si la Pologne fut le seul des pays soumis à la dictature bureaucratique se réclamant du communisme qui a vu la naissance d'un nouveau mouvement ouvrier (1), l'instauration de l'état de guerre en décembre 1981, la répression sélective efficace, la mise en place d'un syndicalisme officiel boycotté par la clandestinité, puis les accords en 1988-1989 entre les élites de l'opposition et le régime en vue de la restauration capitaliste et d'une démocratie parlementaire ainsi que la formation en 1989 d'un gouvernement issu de « Solidarnosc » qui a opté immédiatement pour le néolibéralisme, ont désorienté les travailleurs polonais, durablement divisé leur syndicalisme et permis à des forces de la droite anticommuniste d'une part et à des bureaucrates post-staliniens et favorables à la restauration capitaliste de l'autre, d'en prendre la tête. Alors qu'en 1981 près de 80 % de la force de travail était syndiquée, avec les dix millions de membres de « Solidarnosc », aujourd'hui l'ensemble des syndicats ne regroupe que 11 % des salariés, selon les chiffres officiels fournis par les appareils syndicaux (en réalité sans doute apas plus de 8 %), dont les trois plus importants (2) se doivent d'annoncer au moins 300 000 membres chacun pour sauvegarder leur place au sein de la « commission tripartite ».

Intégration et divisions des syndicats

La restauration capitaliste a été accompagnée par les principales directions syndicales. Elle a été marquée par une politique fiscale de l'État visant à la mise en faillite des entreprises étatiques en vue de les privatiser parmi ses clients (malgré les tentatives de l'accumulation du capital des élites bureaucratiques, le capital accumulé en Pologne n'aurait jamais permis les privatisations sans cette manœuvre). En contrepartie, les syndicats eux-mêmes ou leurs dirigeants d'entreprise sont largement devenus propriétaires des sociétés anonymes sous-traitantes, issues de la division des anciennes grandes entreprises et, en général, totalement intégrées à la production de l'entreprise centrale, donc dépendantes. Par ailleurs les dirigeants syndicaux ont été fréquemment introduits dans les conseils d'administration — à titre individuel — où ils sont liés au patronat. Ainsi, selon Karol Guzikiewicz de la direction de Solidarnosc du chantier naval de Gdansk, l'actuel président de Solidarnosc, Janusz Sniadek, lorsqu'il était membre du conseil d'administration des chantiers navals Gdynia en tant que représentant du Trésor Public, « votait selon les intérêts de Szlanta [le PDG de l'époque] et non selon ceux du Trésor public. » (3) Situation qui autorise ces questions : « Combien de membres de Solidarnosc siègent dans les conseils d'administration de milliers de sociétés anonymes sans y représenter les salariés ? Et combien de sociétés anonymes sont-elles la propriété ou la copropriété du NSZZ Solidarnosc ? » (4)

Les reproches faits à Solidarnosc peuvent être également adressés aux autres syndicats, car seul le WZZ « Sierpien 80 » a inscrit dans ses statuts l'interdiction de cumuler les fonctions syndicales et patronales ainsi que l'interdiction pour ses syndicats d'entreprise de posséder des sociétés (5).

Si les travailleurs polonais sont resté combatifs, depuis 1989 les luttes — nombreuses au début — sont resté éclatées, les défaites étaient plus fréquentes que les victoires et les directions des principaux syndicats ont généralement consacré plus d'efforts à combattre le concurrent qu'à défendre les intérêts des travailleurs. Par ailleurs la politique visant à la mise en faillite des entreprises et casser ainsi les acquis sociaux et l'unité de leurs salariés a, en général, désarmé les syndicats, les formes de luttes traditionnelles s'avérant inefficaces pour empêcher la liquidation. Si en 1992-1993 on comptait près de 14 000 grèves, en 2002-2004 l'office central des statistiques n'en mentionne plus que… 27 (6).

La fracture entre l'OPZZ d'une part — aligné sur les gouvernements de la social-démocratie post-stalinienne et néolibérale, et Solidarnosc de l'autre — aligné sur les gouvernements de la droite néolibérale également et farouchement anticommuniste, a de plus divisé la classe ouvrière sur le plan idéologique, ce qui s'ajoutait aux divisions sociales qui se sont multipliées (public-privé, salariés-chômeurs, multiples formes de contrats précaires etc.). Dans certains bastions traditionnels du syndicalisme indépendant les travailleurs ont massivement déserté les syndicats. Ainsi en 2002, lors de la lutte des travailleurs du chantier naval de Szczecin, mené à la faillite après sa privatisation — cette dernière réalisée en 1992 avec le soutien du syndicat « Solidarnosc 80 » (une scission de « Solidarnosc » de 1990), majoritaire alors dans ce haut lieu des luttes ouvrières (7) — les huit mille manifestants ont défilé sans un seul symbole syndical : « aucun drapeau, aucune banderole si l'on ne compte pas un seul drapeau polonais en tête de la manifestation et des pancartes avec le sigle de l'atelier portées ici ou là par un individu. Les travailleurs du chantier naval se sont organisés seuls, sans aide des syndicats et même contre eux. (…) Les ouvriers ont forcé l'État à intervenir et à renationaliser l'industrie des chantiers navals » (8)

La longue agonie du gouvernement social-démocrate en 2004-2005, accompagnée comme il se doit de révélations sur les intérêts des appareils politiques, puis la division de la droite entre un regroupement fièrement néolibéral et un autre, réactionnaire et populiste, qui parvint de peu à remporter les élections en septembre et octobre 2005 (9) et qui, contrairement à ses promesses, poursuit la politique économique néolibérale des gouvernements précédents, ont conduit à un recul des division idéologiques à la base. Ainsi le dirigeant de Solidarnosc du chantier naval de Gdansk déjà cité, interrogé sur la coopération avec les autres syndicats, explique : « En général elle est bonne. C'est avec l'OPZZ qui compte sur le chantier 300 membres [il y a 3000 emplois actuellement] qu'elle est la meilleure. Nous nous entraidons fréquemment pour régler diverses affaires. Les divisions politiques ont depuis longtemps perdu leur importance. » (10) Un climat nouveau.

Sur les traces du front unique

Affaibli au cours des dernières années, le gouvernement social-démocrate ne parvint pas à achever la contre-réforme du code du travail, la laissant à ses successeurs. La nouvelle équipe gouvernementale, formée autour d'un parti créé récemment — Loi et Justice (PiS) — et ne disposant pas de ce fait d'implantation locale (municipalités, départements) qu'elle doit encore conquérir si elle veut stabiliser sa domination, hésite pour le moment à affronter les travailleurs, tout en lançant (ou laissant lancer…) des ballons d'essais.

Le licenciement pour cause de grève des syndicalistes de « Sierpien 80 » dans la mine de charbon Budryk en Silésie fut un de ces ballons d'essais. Un tribunal n'ayant aucun droit de le faire avait déclaré la grève illégale. Les chambres patronales, la presse et l'opposition néolibérale s'en sont emparé pour en faire un exemple. Dans des conditions rappelant les sombres années de la dictature militaire, les mineurs syndicalistes étaient mis sous pression pour signer des « actes de loyauté » et y reconnaître « l'illégalité de la grève ». On s'orientait vers un précédent, qu'il suffirait par la suite d'évoquer pour justifier le caractère restrictif du droit de grève dans la contre-réforme du code du travail en chantier.

Le syndicat « Sierpien 80 » avait saisi les enjeux du conflit. Tout en mettant tout en œuvre pour renverser la décision de justice et en mobilisant ses forces dans la rue — multiples manifestations et piquets devant le logement du PDG de la mine et les locaux des députés du parti gouvernemental — il a cherché à élargir la lutte aux autres cas similaires et aux autres forces syndicales.

C'est ainsi que trois syndicalistes licenciés pour leur activité ont pris l'initiative de constituer le Comité de soutien et de défense des travailleurs réprimés (KPiORP) :

— Krzysztof Labadz, président du syndicat « Sierpien 80 » de la mine Budryk, licencié en novembre 2005 pour cause de grève ;

— Dariusz Skrzypczak, président du syndicat « Solidarnosc » dans l'usine Goplana de Poznan, licencié pour « violation du secret commercial » car il avait dénoncé dans la presse le projet du nouveau patron de réduire les salaires dans l'entreprise ;

— Slawomir Kaczmarek, président du OZZ « Inicjatywa Pracownicza » (11) de l'entreprise textile Uniontex de Lodz, licencié pour s'être opposé à la reprise de son entreprise, une coopérative ouvrière montée après la mise en faillite de la grande entreprise étatique pour sauver l'emploi, par des nouveaux propriétaires.

Le KPiORP a été constitué le 21 janvier 2006 à Varsovie par le WZZ « Sierpien 80 » et par l'OZZ « Inicjatywa Pracownicza » ainsi que par le syndicat des métallurgistes de l'OPZZ, puis rejoint par des structures du syndicat Konfederacja Pracy (12), le syndicat des travailleurs de la santé du Centre Attis (Varsovie) et la petite organisation nationale des chômeurs (sise à Elk). Plusieurs journaux — l'hebdomadaire Kurier Zwiazkowy du syndicat « Sierpien 80 », le mensuel de la gauche radicale Nowy Robotnik, les sites web Lewica.pl et Lewica bez Cenzury, la revue Rewolucja — ainsi que plusieurs petits groupes de gauche radicale ont rejoint l'activité du Comité (13).

Dès sa naissance le KPiORP a pu enregistrer les premiers succès. Le 26 janvier le PDG de la mine Budryk a été démis de ses fonctions. Le 9 février les syndicalistes mineurs licenciés étaient réintégrés dans leur travail par décision du Tribunal. Le 16 février le KPiORP a réussi à organiser des piquets contre le non respect des droits des travailleurs et contre la répression des syndicalistes dans une vingtaine de villes (14). Il a rendu public d'autres cas de répression antisyndicale — le licenciement de Slawomir Zagrajek, président de « Solidarnosc » dans l'entreprise Froto Lay, pour avoir rendu public les agressions sexuelles des patrons contre les travailleuses de son entreprise, le licenciement de sept dirigeants des syndicats « Solidarnosc » et OPZZ dans l'entreprise Delia de Zamosc, celui de Jacek Rosolowski, licencié par l'entreprise Impel-Tom de Kostrzyn, pour avoir tenté d'organiser une section syndicale du OZZ « Inicjatywa Pracownicza », pour ne citer que les premiers pris en charge.

Le 5 mars le KPiORP, « Sierpien 80 » et le PPP ont rejoint la manifestation des femmes à Varsovie, qui a regroupé cette fois-ci plus de deux milles personnes et s'est terminée par un meeting pour les droits des femmes et contre leur discrimination au travail, animé entre autres par des militantes syndicales du KPiORP.

Le 3 avril 2006 le KPiORP a organisé à Poznan une manifestation pour la réintégration de Dariusz Skrzypczak à Goplana. Partie à 700 du devant de l'entreprise, où ses cadres empêchaient les travailleurs de joindre le cortège, c'est un millier de personnes qui ont rejoint finalement la mairie de Poznan. On remarquait dans la manifestation plusieurs centaines de mineurs de charbon silésiens de « Sierpien 80 ». Les slogans « Droit au travail c'est notre droit !» unifiaient les manifestants, qui avaient oublié leurs divisions syndicales au nom d'une cause commune (15). Manifestation réussie, car au cours de la semaine suivante le tribunal de première instance a décidé la réintégration de Skrzypczak et, même si ce n'est toujours pas le cas, car l'appel patronal est suspensif, les syndicalistes ont depuis réussi de plus à faire condamner le directeur de Goplana pour violation du droit du travail.

Réaction des appareils et contre-offensive

En titrant « Cheval de Troie ROUGE » un article de deux pages consacré au KPiORP, l'organe de « Solidarnosc » (16) a fait apparaître l'inquiétude de la droite polonaise devant les premiers succès de cette nouvelle structure, qui a commencé à transformer le paysage des luttes ouvrières en Pologne. Après avoir largement décrit l'engagement politique — trotskiste, anarchiste, guévariste, communiste, etc., c'est-à-dire radicalement de gauche, ce qui selon lui ne peut être considéré que comme une insulte — l'auteur de cet article de dénonciation concluait : « L'idée de la défense au-delà des divisions syndicales des militants réprimés est sans aucun doute juste. Mais est-ce que dans cette tâche les syndicalistes devraient se faire accompagner par des partisans grotesques et marginaux du communisme oppresseur et par des sympathisants des criminels totalitaires ? » Notons que ne reculant devant aucune ignominie, Tygodnik Solidarnosc multipliait des accusations fausses contre les personnes citées et n'a pas hésité à dévoiler les pseudonymes de certains des journalistes de gauche engagés dans le soutien au KPiORP, ni à les associer à… Al Qaida !

L'article a provoqué la réponse cinglante de Boguslaw Zietek, dirigeant de « Sierpien 80 » : « Au cours de ces trois mois d'activité le KPiORP a ouvert une bonne quinzaine de bureaux d'intervention dans l'ensemble du pays. Nous assurons une aide juridique gratuite et nous garantissons les interventions en défense des personnes qui s'y présentent. Nous aidons souvent des gens dont les droits étaient jusque-là foulés aux pieds et qui ne pouvaient compter sur aucune aide. Pour ces gens-là le KPiORP règle des questions, parfois très simples, qui auparavant apparaissaient comme hors de portée. C'est le règlements de telles questions simples que les gens qui demandent l'aide du KPiORP attendent le plus. Au sein du Comité agissent des personnes de bonne volonté, qui y consacrent leur temps libre et n'encaissent pas un centime pour cela. Le KPiORP a montré qu'il est possible de le faire et les gens qui s'y présentent ne sont pas traités comme un "problème" mais justement, comme des gens. Cela ferait-il si mal aux bonzes syndicaux ? (…)

« Le KPiORP n'a pas été créé pour s'engager dans des discussions improductives et des luttes intersyndicales. Les syndicats existants ne sont pas nos ennemis, nous voudrions y voir des alliés. Mais attaqués par ceux qui préfèrent "ne rien faire" nous devons réagir. Nous appelons a arrêter les conflits et les discordes fratricides. A unifier nos efforts pour défendre les droits et les intérêts menacés des travailleurs. Pour une lutte commune dans l'intérêt des larges masses de la société qui sont successivement privées de droits . Nous sommes devant la lutte en défense du code de travail qu'on veut libéraliser. Entamons ce combat ensemble.

« Le KPiORP est une tentative de mobilisation de la société en défense de ses droits et intérêts. En défense des droits des travailleurs, qui durant des années ont été limités et supprimés. Une mobilisation de la société pour faire face aux dangers qui existent et à ceux qui sont annoncés. Le KPiORP c'est le passage du monde du travail de la défensive à la contre-offensive ouvrière, qui permettra de mener le combat unifié, juste et efficace, pour les droits des travailleurs. » (17)

Depuis que ces mots furent écrits, le KPiORP a réussi à mettre des grains de sable dans le processus de privatisation de l'usine des pneumatiques Prema, qui fut déclaré non conforme à la loi après une manifestation organisée à Kielce par le syndicat de l'entreprise (OPZZ) et le KPiORP. Plusieurs centaines de manifestants portaient des banderoles proclamant : « Le capitalisme est à vous, Prema est à nous !» et « Pour le travail, la dignité et le pain !». « Nous sommes descendus dans la rue pour que les autorités entendent enfin la voix des travailleurs, car la démocratie cela veut dire que les 200 salariés de l'usine ont le droit de décider du sort de leur entreprise », expliquait au meeting final Mariusz Olszewski, vice-président du Parti polonais du travail (18). « Nous sommes des humains, et pas une force de travail », renchérissait Grazyna Pieta au nom du syndicat des travailleurs de Prema.

A Varsovie, le KPiORP a commencé à mobiliser contre les projets de licenciement des chauffeurs de bus — une préparation de la privatisation des transports en commun. Le 7 juin il organisera une action nationale en vue d'informer les travailleurs saisonniers polonais qui s'apprêtent à partir à l'étranger de leurs droits de travailleurs dans les pays où ils se rendent. Le 24 il prépare une manifestation à Varsovie pour l'école laïque, les études gratuites et l'État social, afin de protester contre les tentatives de mainmise de l'extrême droite ultra-catholique sur l'éducation depuis la nomination de son chef R. Giertych au poste du ministre. Ce faisant le KPiORP entend renouer aussi avec les mouvements de jeunes en Europe — il avait organisé des piquets devant les consulats et l'ambassade de France, en avril, en solidarité avec la lutte contre le CPE en avril.

Le renouveau du mouvement ouvrier polonais, dont la fondation du KPiORP est un des signes, ne s'arrête pas à sa seule activité. En témoigne le succès remporté dans la grande usine métallurgique Cegielski de Poznan — un lieu historique car c'est là qu'avait démarré la révolution polonaise en juin 1956 (19) — par le militant du OZZ « Inicjatywa Pracownicza » Marcel Szary, qui a été élu en tant que représentant des salariés au Conseil d'administration de l'entreprise, obtenant au second tour de l'élection 62 % des voix (au premier tour il arriva en tête avec 36,6 %) contre 38 % au candidat de « Solidarnosc ». Son syndicat prépare une grève pour les salaires. La campagne menée contre lui, centrée sur la dénonciation de ses liens avec les anarchistes, n'a pas eu l'effet escompté… Notons enfin que depuis février la presse de gauche s'est enrichie d'un nouveau titre, Le Monde Diplomatique edycja polska (édition polonaise), et que, malgré le battage médiatique et l'omniprésence de la droite ultra-catholique au gouvernement, la visite du nouveau pape n'a pas rassemblé des foules similaires à celles qui fêtaient son prédécesseur !

1. A l'issue des grèves de décembre 1970, de janvier 1971 puis surtout de celles de juin 1976 et de la fondation par l'intelligentsia oppositionnelle du Comité de défense des ouvriers (KOR) en septembre 1976, des « dirigeants ouvriers indépendants » (selon les termes de la police politique) se sont multipliés et sont entrés en contact avec l'opposition. Un journal clandestin, Robotnik (L'Ouvrier) a publié en 1979 un programme d'action, dont la revendication du syndicalisme indépendant, qui a eu un grand impact dans la classe ouvrière. A la suite d'une hausse des prix, des grèves ont démarré en juillet 1980, culminant fin août avec les grandes grèves dirigées par des comités de grève régionaux dans les ports de la Baltique (Gdansk et Szczecin) et les mines de Silésie (Jastrzebie). Le 31 août 1980 la bureaucratie signait à Gdansk un accord acceptant la constitution d'un syndicat par le comité de grève, le 4 septembre les mineurs de charbon de Silésie obtenaient de fait l'élargissement de cet accord à l'échelle nationale, ce qui a conduit à la constitution du NSZZ « Solidarnosc » (Syndicat indépendant autogéré « Solidarité »), officiellement reconnu en novembre 1980 et mis au ban sous le couvert de la dictature militaire le 13 décembre 1981. Sur le mouvement révolutionnaire de 1980-1981 cf. Inprecor n° 509 de septembre 2005.

2. Il s'agit du NSZZ « Solidarnosc » (dont la direction avait appelé à voter en faveur de Lech Kaczynski, candidat du parti de droite Loi et Justice (PiS), élu Président de la République en septembre 2005) qui prétend compter 800 000 syndiqués (moitié moins selon d'autres sources) ; de l'OPZZ (Entente nationale des syndicats), fondée en 1984 sous le couvert de la dictature du général Jaruzelski, qui a eu des velléités de s'opposer à la restauration capitaliste, qui prétend également compter 800 000 membres, mais dont beaucoup de composantes appartiennent également à la troisième confédération ; Enfin le FZZ (Forum de syndicats), qui a été créé de toutes pièces pour pouvoir faire partie de la commission tripartite (État-Patrons-Syndicats) et avait alors annoncé regrouper 300 000 membres, ce que le gouvernement social-libéral avait intérêt à ne pas vérifier. Cf. Solidaires International n° 1, avril 2006

3. Interview à Nowy Robotnik n° 4(30) d'avril 2006.

4. Boguslaw Zietek (président du WZZ « Sierpien 80 » — Syndicat libre « Août 80 »), Czym sie zajmuja zwiazki zawodowe? (Que font les syndicats ?), Kurier Zwiazkowy n° 245 du 26 avril 2006.

5. Le WZZ « Sierpien 80 » a été fondé en 1992 par la direction régionale de Haute Silésie du syndicat « Solidarnosc 80 », lorsque dans une grève générale de solidarité les structure de cette région se sont retrouvées seules car la direction nationale de « Solidarnosc 80 » venait de passer un deal de privatisation du chantier naval de Szczecin. Cf. Inprecor n° 511/512 de novembre-décembre 2005.

6. Cité par Jaroslaw Urbanski, Nowy Robotnik n° 5(31) de mai 2006. Notons qu'en 200-2003 le nombre de jour de travail perdus pour cause de grève pour 1000 salariés fut en Pologne le plus bas de toute l'Europe, cf. Mark Carley, Developments in Industrial Action — 2000-4, European Industrial Relations Observatory On-line, European Foundation for the Improvement of Living and Working Conditions

7. Notons que ce processus de l'intégration des dirigeants de « Solidarnosc 80 » fut à l'origine de la scission de sa région silésienne, qui donna naissance au WZZ « Sierpien 80 » en 1992, car la direction syndicale nationale, basée dans le Chantier naval de Szczecin, n'avait pas organisé la grève générale à laquelle le syndicat avait appelé…

8. Cf. Jaroslaw Urbanski, op. cit.

9. Cf. Inprecor n° 510 d'octobre 2005. Notons que pour remporter la mise et dépasser la Plate-forme civique (PO), principal parti de la droite néolibérale, les frères jumeaux Kaczynski à la tête du parti Loi et Justice (PiS) n'ont pas hésité à parler d'un « nouveau contrat social »… que le nouveau président et le nouveau gouvernement ont immédiatement rangé dans les oubliettes.

10. Interview à Nowy Robotnik, op. cit.

11. Le syndicat national « Initiative des travailleurs » est une petite formation syndicale nouvelle, construite dans les années 1990 à l'initiative du courant anarcho-syndicaliste.

12. La Confédération du Travail avait été créée en lien et avec le soutien de l'OPZZ, en vue de syndiquer les salariés des nouvelles entreprises privées, où les syndicats traditionnels n'existent en général pas et sont de fait interdits (en particulier dans les supermarchés qui ont envahi la Pologne). Lorsque son président a accepté un poste dans le gouvernement social-démocrate, ce syndicat a périclité.

13. Il s'agit du Groupe en faveur d'un parti ouvrier (GPR, trotskiste), du Collectif rouge — Alternative de gauche (CK-LA, libertaire) et des Jeunes socialistes (MS, sociaux-démocrates de gauche). La liste complète des organisations composant ou soutenant le comité peut être consultée sur son site web : . Notons que le KPiORP a réalisé une plaquette de présentation en anglais et français, diffusée lors du Forum social européen à Athènes.

14. Cf. Magdalena Ostrowska, Zwyciestwo w Budryku (Victoire à Budryk), Kurier Zwiazkowy n° 238

15. Notons que la direction régionale de « Solidarnosc » a finalement organisé une manifestation pour la défense de son militant D. Skrzypczak, dans l'isolement et la veille… ne réunissant que 45 personnes.

16. Tygodnik Solidarnosc (Hebdomadaire Solidarité) n° 14 du 7 avril 2006. Ce titre, qui fut le premier journal indépendant en 1981, n'a plus rien de commun avec ce qu'il a été, comme « Solidarnosc » n'a plus grand chose à voir avec… la solidarité qui fut à son origine.

17. Kurier Zwiazkowy n° 245 du 26 avril 2006

18. Le Parti polonais du travail (PPP) est en cours de construction à l'initiative du syndicat « Sierpien 80 ». Cf. Inprecor n° 511/512 de novembre-décembre 2005.

19. Et aussi la révolution hongroise de 1956, qui a commencé par une manifestation de solidarité avec le mouvement de masse en Pologne. Comme il se doit l'usine Cegielski portait alors le nom de ZISPO — le « S » y étant pour glorifier Staline…

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