Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 653-654 juillet-août 2018

ARGENTINE

Le 25 juin, grève féministe partout

Cf. aussi : [Argentine] [Féminisme] [Féminisme]

Document du collectif Ni Una Menos*

Grève générale pour l’avortement légal : la rue est à nous

Le féminisme réinvente la rue, nous la faisons nôtre, chaque fois que nous la prenons. #NosotrasParamos (1) pour vivre maintenant le monde que nous voulons.

© TitiNicola

© TitiNicola

Le féminisme réinvente la grève, la fait sienne et l'élargit pour y intégrer toutes les formes de travail et de production de la valeur, surtout quand elles ne sont pas rémunérées, reconnues ou formalisées.

#NosotrasParamos et nous faisons de la grève un outil radical. Nous faisons grève contre la précarité de nos vies et pour l’avortement légal, car nous exigeons l’autonomie pour nos corps et pour nos décisions vitales, car nous ne serons plus dans la clandestinité et nous n’accepterons plus que le silence étouffe nos combats.

Nous faisons grève et nous ne restons pas enfermées chez nous, dans nos intérieurs. Nous faisons grève et nous descendons dans la rue, nous nous abritons dans nos revendications et nous mettons en commun les soins collectifs car il s’agit aussi de cela lorsqu’on réclame l’avortement légal. Nous nous unissons toutes :

Nous sommes toutes unies dans nos revendications et nous prenons soin collectivement les unes des autres, parce que c’est aussi cela réclamer l’avortement légal.

Synthèse

Nous sommes toutes unies : le cri des adolescentes est également l’exigence de celles qui, dans les périphéries urbaines, racontent avec leurs voix propres ce que signifie avorter dans chaque situation et dans chaque territoire.

#Corrida Feminista #Vivas Libres Y #Desendeudadas Nos Queremos (2)

La marée verte qui a occupé la ville et qui a arraché le vote du Parlement se nourrit de la rue, des assemblées qui se multiplient partout, des foulards verts partout (3), des conversations dans chaque lieu du travail et dans chaque école. La marée verte est féministe parce qu’on sait ce que signifient nos corps dans les rues.

À la corrida féministe ils ont voulu opposer la corrida de la spéculation financière sur le dollar. Nous savons que la fuite des dollars n’est rien d’autre qu’un outil pour nous imposer la discipline financière : ils nous veulent paupérisées, endettées, effrayées et obéissantes. Mais l’insoumission vit dans nos corps et nous sommes prêtes à nous installer dans les rues. Face à la grève passive que proposent les directions syndicales, nous sommes mobilisées. Nous construisons la maison féministe sur l’asphalte et la fête collective faite de discussions et grands repas collectifs, sans autre ordre que celui proposé par le rassemblement, la danse militante, les allées et venues d’une tente à l’autre pour l’abrazo, nous prendre dans les bras, et la rencontre entre toutes les nuances de nos exigences et dans les diverses tonalités et langues qui les expriment.

#Política Feminista #No sMueve El Deseo (4)

Le mouvement féministe dans la rue ouvre le monde du possible. Il installe une non-détermination radicale au cœur des calculs politiciens et déborde les négociations au sommet qui prétendent récupérer nos forces à leur avantage. Nous accumulons nos forces pour nous-mêmes, pour la liberté et cette autonomie que nous construisons ensemble, en nous émancipant à la fois de la violence patriarcale et des fondamentalismes disciplinaires. Nous faisons de la politique féministe lorsque nous sommes là pour nous-mêmes et cela se traduit par un pouvoir collectif. Nous faisons de la politique féministe lorsque nous transformons la ville en fête. Nous faisons de la politique féministe quand nous sommes animées par le désir de tout changer : notre façon d’aimer et notre manière de faire de la politique et de dénoncer la spéculation financière, les façons d’habiter la rue et de révolutionner nos logements, nos lits et chaque lieu du travail, d’études et d’organisation.

Le 25 juin descendons dans la rue pour #AbortoLegal #ParoGeneral (5) pour changer tout.

* Ni Una Menos (« Pas une de moins ») est le nom commun des mobilisations féministes unitaires contre les violences faites aux femmes, d’abord en Argentine (le 3 juin 2015 et 2016) puis dans d’autres pays, comme l’Uruguay (2015), l’État espagnol (2015), le Chili et le Pérou (2016). Des collectifs unitaires portant ce nom ont été créés dans plusieurs pays. Nous reproduisons ici l’appel du collectif argentin à la grève générale organisée par les centrales syndicales contre la politique du gouvernement Macri, publié par le quotidien Pagina 12 (https://www.pagina12.com.ar/123991-el-paro-desde-el-feminismo). (Traduit du castillan – Argentine – par JM)

Notes

1. Nous faisons grève.

2. Corrida féministe - Nous voulons vivre libres et désendettées.

3. En signe de ralliement, les femmes portaient des foulards verts portant entre autres l’inscription « Éducation sexuelle pour décider, contraceptifs pour ne pas avorter, avortement légal pour ne pas mourir ».

4. Politique féministe - Le désir nous motive.

5. Avortement légal - Grève générale.

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