Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 633-634 novembre-décembre 2016 *

ÉTATS-UNIS

Nous luttons pour le socialisme contre la barbarie

Autres articles Inprecor sur : Etats-Unis

Socialistes démocratiques d’Amérique (DSA)*

Un président ouvertement raciste, misogyne et anti-immigrants a été élu. Les États-Unis vont avoir à faire au plus dangereux gouvernement de l’histoire récente. Le moyen le plus sûr pour résister et vaincre le trumpisme est de construire un mouvement démocratique socialiste fort et organisé, un mouvement qui doit devenir aussi divers que la classe ouvrière elle-même.

DSA

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13 novembre 2016

1. Comment Trump a gagné en captant la contestation anti-establishment avec un nationalisme racial et économique

Le 8 novembre, les électeurs des États-Unis ont élu pour Président un candidat ouvertement raciste, misogyne et chauvin anti-immigrants. Donald Trump a réussi à se donner l’image d’un candidat anti-establishment qui mettra fin au règne dynastique des élites qui se soucient peu des « Américains oubliés ». Le grain de vérité dans cette rhétorique masquait un appel idéologique à une « identité blanche » que les Républicains cultivent depuis longtemps – en l’occurrence en mettant l’accent sur la peur des immigrants, des musulmans et des gens de couleur. Les faits vont à l’encontre du récit des médias libéraux selon lesquels les « blancs pauvres » seraient la principale force assurant la montée de Trump. Nous devons comprendre le « trumpisme » comme une alliance interclassiste des blancs chauvins ; le revenu familial médian des 62 % d’électeurs blancs qui soutenaient Trump était plus élevé que celui des électeurs de Hillary Clinton et ils étaient beaucoup plus riches que la base de Bernie Sanders lors de l’élection primaire.

Les élites dirigeantes ont utilisé depuis longtemps le racisme pour diviser les travailleurs. La gauche doit comprendre la centralité du racisme pour le capitalisme et dire clairement comment le racisme est contraire aux intérêts de la classe ouvrière blanche. L’extrême droite en Europe et aux États-Unis a réussi à exprimer la colère des gens depuis longtemps abandonnés par le consensus entre les conservateurs et le centre-gauche en faveur d’une mondialisation effrénée des entreprises. La victoire de Trump devrait une fois pour toutes mettre en lumière les conséquences terribles lorsque la gauche laisse des centristes alignés sur le capital, comme les Clinton, formuler la réponse à l’insécurité économique.

Synthèse et articles Inprecor

Si Sanders avait été le candidat des Démocrates, il aurait certainement pu mobiliser contre Trump un plus fort soutien de la classe ouvrière et son impact aurait même pu mettre en jeu les deux Chambres du Congrès. Clinton a été incapable d’obtenir le soutien d’un grand nombre de blancs qu’ils soient ouvriers ou des classes moyennes, car elle a mené une campagne trop axée sur les défauts personnels de Trump au lieu de marteler les propositions de sa plateforme inspirées par Sanders qui amélioreraient la vie de tous les travailleurs. Elle n’a pas mis en avant l’augmentation du salaire minimum, ne s’est pas opposée aux accords de « libre-échange » et n’a pas insisté sur la création d’emplois par l’investissement public dans les infrastructures et l’énergie alternative. Le Parti démocrate a fait le choix d’une mauvaise candidate et d’une mauvaise stratégie. Maintenant les États-Unis auront à faire au plus dangereux gouvernement de l’histoire récente.

2. L’urgence pressante maintenant : défendre les cibles du racisme chauvin

Au vu des attaques annoncées par Trump et Mike Pence contre les communautés de couleur, les immigrés, les musulmans, les Juifs, les femmes et les LGBTQ, la première priorité des SDA et de toute la gauche doit être de défendre les droits civiques et politiques – ainsi que la sécurité physique – des groupes ciblés par le trumpisme. La nomination en tant que premier conseiller de la Maison Blanche de l’animateur de Breitbart News, Stephen Bannon, ouvertement bigot et antisémite, démontre que la rhétorique haineuse de Trump ne se limite pas aux paroles. Les organisations de DSA et de YDS (Jeunes socialistes démocratiques) doivent être le soutien militant de ces groupes dans leurs luttes immédiates pour établir des villes-sanctuaires pour les sans-papiers, pour défendre les musulmans et leurs mosquées et pour protéger les femmes dans les services de planning familial. Nous devons également nous entraîner de manière anticipée pour intervenir efficacement lorsque nous sommes témoins de harcèlement et de violences contre ceux qui sont visés par la politique chauvine blanche, légitimée par la victoire de Trump. Enfin, nous devons nous adresser immédiatement à ces communautés pour exprimer notre solidarité et demander ce qu’elles souhaitent que nous fassions.

Une grande partie de ce travail impliquera pour DSA d’approfondir notre engagement auprès du Movement for Black Lives, du mouvement pour les droits des immigrants, du mouvement de lutte pour le salaire minimum à 15$ de l’heure (Fight for 15), du mouvement pour la justice reproductive et des autres mouvements qui sont en première ligne dans la lutte contre le trumpisme. Sous Reagan, des actes de résistance similaires ont finalement créé une puissante coalition arc-en-ciel, qui a fait progresser une politique multiculturelle en faveur de la justice économique pour toutes et tous. Si nous nous engageons pleinement dans ces luttes au cours des quatre prochaines années, il n’y a aucune raison pour qu’une nouvelle et encore plus puissante coalition multiculturelle pour la justice sociale et économique ne puisse pas émerger.

À partir du 20 janvier prochain, la gauche sera confrontée à des luttes énormes sur un grand nombre de fronts.

Lorsqu’il aura pris ses fonctions, Trump pourra utiliser les ordonnances pour abroger les règlements environnementaux d’Obama (en particulier ceux concernant les centrales électriques au charbon). La gauche doit faire le lien entre l’hostilité de Trump envers les politiques de justice climatique et les actions de masse soutenant la lutte contre le Dakota Access Pipeline et en faveur de la souveraineté indigène. Le mouvement pour la justice climatique, en particulier s’il met en avant les questions du racisme environnemental, pourrait constituer un sérieux foyer de résistance à la domination républicaine.

Trump est également susceptible de mettre immédiatement fin au programme DACA (1), qui protège actuellement plus de 4 millions de personnes sans-papiers qui sont arrivées aux États-Unis quand ils étaient mineurs. Cela pourrait constituer la première étape de la déportation massive d’immigrants sans papiers qu’il a annoncée. La gauche doit établir de solides relations avec les mouvements qui s’opposent frontalement à ces politiques et lutter pour construire une coalition majoritaire en faveur de la citoyenneté des millions d’Américains qui contribuent à notre économie par leur travail et leurs impôts, mais qui n’ont même pas accès aux droits civils et politiques les plus élémentaires.

Les républicains peuvent faire pression pour abroger l’ensemble de la loi ACA, dite « Obamacare » (2), mais il est possible de les arrêter. En organisant des manifestations de masse, la gauche pourrait sauver les huit millions de membres de familles ouvrières qui ont obtenu la couverture Medicaid et aussi forcer les 19 États qui ont refusé d’étendre cette couverture sociale à accepter le programme financé par le gouvernement fédéral. Nous devons organiser les 12 millions de personnes qui reçoivent actuellement une assurance maladie par le biais de l’ACA pour exiger le maintien de leur couverture maladie à des tarifs plus abordables. Mais que ce soit la totalité ou une partie de la loi actuelle qui serait abolie, la gauche doit faire campagne en faveur d’un système public à payeur unique – la meilleure alternative permettant d’élargir la couverture de soins de santé à la fois équitable et abordable.

Le Partenariat transpacifique pourrait bien devenir lettre morte sous la présidence de Trump. Mais nous ne devons pas croire que l’opposition présumée de Trump à cet accord est un signal qu’il entreprendrait une politique commerciale mondiale favorable aux intérêts des travailleurs aux États-Unis ou à l’étranger – loin de là ! En réponse aux propositions de politiques anti-ouvrières sauvages de Trump, la gauche doit avancer une vision alternative de la politique économique mondiale fondée sur l’élévation des normes mondiales du niveau de vie, des conditions du travail et environnementales en l’opposant à un protectionnisme chauvin qui tente de rendre responsables les travailleurs des autres pays et les immigrants du déclin du niveau de vie de la classe ouvrière aux États-Unis.

De plus, Trump va rapidement tenter de briser le syndicalisme aux États-Unis, en particulier dans le secteur public. Même si nos efforts ne seront pas facilités par la position conciliatrice de l’AFL-CIO envers le président élu, nous devons résister. Les syndicats sont le plus puissant outil pour bâtir la solidarité interculturelle de la classe ouvrière autour d’un intérêt économique partagé. Les douteux choix stratégiques et tactiques de la majorité des dirigeants syndicaux – à la fois leur soutien à Clinton dans les primaires démocrates et leur engagement à travailler avec Trump – montrent la nécessité absolue d’une véritable insurrection de gauche de la base syndicale.

La gauche doit également faire pression sur les Démocrates au Sénat pour qu’ils utilisent leur pouvoir d’obstruction afin d’empêcher l’adoption des lois désastreuses ainsi que des nominations d’ultra-conservateurs à la Cour suprême et exhorter les dirigeants démocrates des États et des villes pour qu’ils résistent aux modifications désastreuses de la politique fédérale par tous les moyens dont ils disposent.

3. Une stratégie à long terme pour un pouvoir progressiste : construire un mouvement multiculturel post-Sanders

Nous avons présenté les tâches immédiates. Mais nous devons aussi analyser la victoire de Trump et ce qu’elle implique pour la stratégie future de la gauche et de DSA ainsi que saisir les opportunités pour passer de la défensive à l’offensive. Bien que Hillary Clinton ait gagné en nombre de voix, elle n’a pas gagné parmi les électeurs blancs dans les États de la « ceinture de rouille » en partie parce que beaucoup d’électeurs plus âgés ont souffert du soutien de la dynastie Clinton aux politiques néolibérales qui ont échoué dans le traitement de la souffrance économique provoquée par la désindustrialisation, la mécanisation et l’externalisation des entreprises. Hillary Clinton a même perdu le vote des femmes blanches, car Trump a partiellement réussi à s’imposer en tant que candidat anti-establishment capable de « drainer le marais » des « intérêts particuliers » de Washington (et cela malgré que les frères Koch aient financé en grande partie la campagne républicaine de terrain). Combinée avec les diatribes racistes et sexistes, qui rendaient les femmes, les immigrés et les gens de couleur responsables de la fin du supposé âge d’or américain, cette rhétorique a trouvé un écho chez les électeurs blancs (tant hommes que femmes) de plus de 45 ans, dont le niveau de vie stagne, la mobilité sociale régresse et qui craignent de devenir une minorité dans la population étatsunienne.

Bien que Trump n’offre aucun plan viable permettant de répondre à l’anxiété économique de ces électeurs, que ce soit en développant l’emploi ou en transformant la politique commerciale des États-Unis ou par quelque autre moyen que ce soit, son appel à « rendre l’Amérique grande à nouveau » en reconstruisant l’infrastructure et en créant « des emplois, des emplois, des emplois » a convaincu beaucoup d’électeurs blancs qui associent le souvenir des conditions économiques meilleures avec un passé de privilèges pour les blancs et des politiques « de loi et d’ordre ».

Les Républicains ne répondront pas aux besoins de la classe ouvrière étatsunienne. Au lieu de cela, nous pouvons nous attendre à ce qu’ils proposent des réductions massives d’impôts pour les riches et les entreprises, générant d’énormes déficits budgétaires et exacerbant encore les inégalités déjà effarantes de revenus et de fortunes. Ils maintiendront ou étendront seulement les parties du budget fédéral qui devraient être réduites – par exemple les systèmes militaire et carcéral. Beaucoup d’électeurs de Trump lui en voudront pour les cadeaux fiscaux aux riches et la plupart des Américains se méfient aujourd’hui des interventions militaires à l’étranger – donc la gauche aura de véritables opportunités pour mobiliser contre de telles priorités nationales et avancer une vision alternative.

Cependant, comme l’a montré l’élection de 2016, les évolutions démographiques ne suffisent pas pour mettre en cause automatiquement le succès des politiques chauvines blanches. Dans cette élection (comme en 2000), la nature antidémocratique du Collège électoral a empêché le vainqueur en nombre de voix d’entrer à la Maison Blanche. De plus, la révision des listes électorales a réduit le taux de participation des citoyens de toutes origines faisant partie de la classe ouvrière, aussi bien des personnes âgées que des étudiants, un problème particulièrement grave en Caroline du Nord, Wisconsin et Ohio. Par ailleurs, les électorats progressistes sont largement concentrés dans les États à domination démocrate (surtout dans les zones urbaines et suburbaines), ce qui signifie que des millions de leurs voix ne sont pas prises en compte dans l’élection présidentielle (par exemple, 100 000 voix supplémentaires au-delà de celles nécessaires pour atteindre 50 % des suffrages ne modifient en rien le nombre de grands électeurs de la Californie).

Pour remédier à ce problème, la gauche doit construire une base plus forte parmi les électeurs ouvriers blancs dans les petites villes à travers les États-Unis ruraux, dans les États de l’ancien cœur industriel, dans le Sud ainsi que dans les États des plaines. Aux États-Unis, il ne peut y avoir de majorité politique progressiste sans une politique qui fait appel aux électeurs ouvriers de toutes origines. La nouvelle répartition de 2020 affectera lourdement les perspectives des victoires électorales progressistes durant la décennie suivante. Ainsi, la gauche doit établir des racines profondes dans un large éventail de communautés à travers le pays, et la rapide croissance de DSA dans le Sud devra être nourrie et soutenue.

Au cours des prochaines années, nous devrons faire face à de puissants vents contraires sur le terrain politique. Si nous espérons faire avancer les politiques américaines dans la direction du progrès, nous devons continuer la piste ouverte par Bernie Sanders. Les nombreux « indignés » sanderistes élus avec succès au niveau local et étatique, de même que l’aile anti-patronale émergente parmi les délégués du Parti démocrate au Congrès et surtout la campagne de Sanders pour la primaire ont démontré que les circonscriptions ouvrières multiculturelles vont soutenir un programme social-démocrate de réformes fiscales progressistes, un accès universel aux services de soins et de garde d’enfants ainsi que des investissements publics dans les infrastructures et les énergies alternatives.

Nous devons continuer à faire avancer encore plus ce programme, à la fois en élisant davantage « d’indignés » à tous les niveaux et en renforçant le poids de la classe ouvrière et du socialisme dans nos syndicats, dans les mouvements sociaux et sur le terrain électoral.

Aucune part de ce programme ne pourra l’emporter sans un changement radical des rapports de forces. En absence de pressions massives des mouvements sociaux démocratiques – des mouvements prêts à ébranler le train-train quotidien des institutions qui ne sont pas démocratiques – et du développement de la capacité électorale indépendante des militants de couleur, féministes, LGBTQ et syndicalistes, les intérêts patronaux continueront à dominer l’ordre du jour politique. Les campagnes des candidats soutenus par DSA au niveau local et étatique, telle la victoire de Mike Sylvester (3) dans le Maine et l’impressionnante seconde place obtenue par le candidat des Verts, Ian Shlakman (4), dans l’élection pour le Conseil municipal de Baltimore, démontrent qu’il est à la fois possible et nécessaire de construire une base multiculturelle des candidatures explicitement socialistes (qui, selon les circonstances locales, peuvent se présenter en tant que Démocrates, indépendants, Verts ou sans-parti).

Les plus de 9 000 membres de DSA (dont près de 2 000 nous ont rejoints cette semaine) croient que le moyen le plus sûr pour résister et vaincre le trumpisme c’est de construire un mouvement démocratique socialiste fort et organisé, présent dans la politique des États-Unis, un mouvement qui doit devenir aussi divers que la classe ouvrière elle-même. La révolution de Sanders nous a fait faire un pas vers une gauche plus forte et plus affirmée, capable d’avancer les nombreuses réformes, attendues depuis longtemps par les travailleurs, dont ce pays a désespérément besoin, des droits humains élémentaires comme le salaire minimum à 15 dollars de l’heure ou l’éducation universitaire publique gratuite. Le centrisme néolibéral de Clinton a prouvé son incapacité à repousser l’extrême droite chauvine. La voie à suivre est celle du mouvement pour le socialisme démocratique.

Alors nous invitons ceux qui ont fait la campagne Sanders et les autres à rejoindre l’organisation qui travaille pour que sa politique socialiste démocratique donne le ton à la vie politique des États-Unis. ■

* Nous reproduisons la déclaration adoptée par le Comité politique national des Socialistes démocratiques d’Amérique (DSA), une organisation fondée en 1983 par la fusion du Comité d’organisation des socialistes démocratiques (issue de l’aile gauche du PS américain) et du Nouveau mouvement américain (une organisation de la nouvelle gauche apparue en 1971 à l’initiative de militants issus du SDS – Étudiants pour une société démocratique). Bernie Sanders a été associé un temps à DSA. La version originale est parue sur le site de DSA (http://www.dsausa.org) (Traduit de l’anglais par JM).

Notes

1. Deferred Action for Childhood Arrivals (DACA, Report de l’action exécutive concernant les arrivées d’enfants) est une politique d’immigration décidée par ordonnance par le Président Obama qui permet aux immigrants sans-papiers entrés dans le pays avant leur 16e anniversaire et avant juin 2017 de recevoir un permis de travail de deux ans, renouvelable, et leur évite l’expulsion.

2. Patient Protection and Affordable Care Act (loi sur la protection des patients et les soins abordables, ACA), surnommée « Obamacare », est une loi votée par le Congrès et promulguée par Barack Obama le 30 mars 2010. Elle a permis de garantir une couverture santé à 32 millions de personnes qui en étaient dépourvues. Elle élargit également le Medicaid aux personnes disposant de revenus juste au-dessus du seuil de pauvreté (jusqu’à 133 % de celui-ci). Cependant elle n’inclut pas de régime public universel ni d’assurance publique mais oblige les citoyens à recourir à une assurance privée, avec des subventions fédérales pour les familles les plus pauvres (en deçà du revenu annuel familial de 88 000 dollars). De plus, elle laisse encore 5 % de résidents (soit 23 millions), sans aucune couverture maladie (avant 15 % de résidents n’en disposaient pas).

3. Membre de DSA, ayant remporté la primaire démocrate pour la candidature dans le 39e district du Maine (qui inclut Portland-est), Mike Sylvester a été élu à la Chambre des représentants de l’État du Maine, obtenant 82,1 % des voix contre 17,8 % à Peter Doyle (Républicain). Mike Sylvester était jusque-là organisateur du syndicat des employés de services (SEIU).

4. Ian Baltimore, candidat des Verts dans le district 12 de Baltimore, est arrivé second avec 12,92 % des suffrages et a été battu par le Démocrate Robert Stokes Sr. (70,67 %).

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